SWAA-BURUNDI

 

ROHERO II, RUE BUTUTSI, N° 55

B.P 6301 BUJUMBURA

Tel/FAX : 24 1533

E.mail : swaabdi@usan-bu.net

BUJUMBURA-BURUNDI

 

 

 

 

 

 

 

 

ETUDE SUR  L’ACCEPTABILITE DU FEMIDOM AU BURUNDI 

 

 RAPPORT FINAL

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Avec  l’appui financier du FNUAP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bujumbura, mars 2002

 

 

 

TABLE DES MATIERES

I. JUSTIFICATION DE L’ETUDE- 6

Qu’est ce que le Femidom ?- 6

Présentation du Femidom- 7

Durée de vie du femidom- 7

Utilisation du femidom- 8

Qui peut s’en servir ?- 8

Le femidom et les autres méthodes de contraception- 8

II. OBJECTIF GENERAL DE L’ETUDE- 9

III. OBJECTIFS SPECIFIQUES- 9

                IV. HYPOTHESE DE l’ETUDE- 9

II.1. Population d’enquête- 11

II. 2. Echantillonnage- 12

TABLEAU 1 : REPARTITION DE L’ECHANTILLON SELON LES VARIABLES- 13

II.3. Instrument de collecte des données- 14

II. 4. Choix des enquêteurs et leur formation- 14

II.5. La pré-enquête- 15

II 5.1. Phase  de recrutement des enquêtées- 15

II.5.2. Phase de démonstration et de remise des FEMIDOM aux enquêtées- 15

II.5.3. Phase de collecte des données de la pré-enquête. 15

II.6. L’enquête proprement dite. 17

II.6.1  Phase  de recrutement des enquêtées. 17

II.6.2. Phase de démonstration et de remise des femidom . 17

II.6.3. Phase de collecte des informations. 17

II.7 Limites et contraintes. 18

III.1. CONNAISSANCES GENERALES SUR LES MOYENS- 20

DE LUTTE CONTRE LE SIDA. 20

III.2.  ACCEPTABILITE DU FEMIDOM. 20

III.2.1 Nombre de rapports sexuels mensuels. 20

III.2.2 Le femidom est-il accepté en milieu burundais ?- 21

III.2.2.1. Raisons de non utilisation du femidom. 21

III.2.2.2 Les impressions sur le femidom. 24

A. Les impressions positives sur le femidom. 24

B. Les impressions négatives sur le femidom-- 25

III.2.2.3. Le moment de l’insertion du femidom-- 26

III.2.2.4. Apports et obstacles  du femidom dans les relations sexuelles- 26

A. Apports du femidom dans les relations sexuelles. 27

B. Obstacles liés au femidom. 28

A. Les avantages du femidom selon nos enquêtées- 29

B. Les inconvénients liés au femidom. 33

III.2.2.6. La pertinence du femidom. 36

III.2.2.7. Réactions du partenaire à l’utilisation du femidom. 38

III.2.2.8. Modifications des relations socio affectives entre les partenaires- 40

III.2.2.9. Préférence entre le préservatif féminin et le préservatif masculin. 41

A. Préférences pour le femidom-- 41

B. Préférences pour le condom. 42

C.  L’un ou l’autre préservatif. 43

D. Ni  l’un ni l’autre. 43

E. Pas de comparaison. 43

III.3. Résultats du deuxième passage. 43

III.3.1. Les impressions sur le femidom. 43

III.3.2. Apports du femidom dans les relations sexuelles. 44

III.3.3. La pertinence du femidom. 44

III.3.4. Réactions du partenaire. 44

III.3.5. Modification des relations avec le partenaire. 44

III.3.6 Préférence entre le femidom et le préservatif masculin. 45

III.3.7. Contraintes liées au femidom. 45

III.4 Synthèse des résultats et conclusion. 46

III.5. Recommandations. 48

Références bibliographiques 49


 

REMERCIEMENTS

 

 

Au terme de ce travail, la SWAA-BURUNDI tient à exprimer ses sincères remerciements au FNUAP pour lui avoir accordé un financement en vue de la réalisation de la présente, à l’ONUSIDA ainsi qu’ au PNSR pour avoir disponibilisé les femidom en nature.

 

Elle remercie également les membres du comité de pilotage pour leurs conseils judicieux, leur esprit de collaboration ainsi que pour la patience qu’ils ont manifestés.

 

Ses remerciements s’adressent aussi aux responsables des associations et centres de santé avec lesquels elle a travaillé pour leur accueil et les informations combien utiles qu’ils ont bien voulu mettre à sa disposition.

 

La SWAA-BURUNDI est reconnaissante envers l’équipe des consultantes et enquêteurs pour le sérieux et la détermination qui  ont caractérisé leur travail.

 

A toutes les femmes qui ont accepté de participer à la présente étude, nous réitérons nos remerciements ; qu’elles sachent que leur contribution est d’une importance capitale pour le Burundi.

 

A toute personne qui, de près ou de loin, a contribué à la réalisation de ce travail, la SWAA-BURUNDI lui exprime sa vive gratitude.

 

 

                                                                 

                                                                                             

 

 

 

 

 


Liste des Tableaux

 

 

Tabl 1             : Répartition de l'échantillon selon les variables

 

Tabl 2          :  Les moyens de prévention du SIDA connus par les enquêtées

 

Tabl 3          :  Nombre de femmes qui ont participé à l’étude

 

Tabl 4          :  Répartition des raisons de non utilisation du femidom

 

Tabl 5          :  Répartition de celles qui ont utilisé le femidom selon l’état

   matrimonial

 

Tabl 6          :  Répartition de celles qui ont utilisé le femidom selon l’âge

 

Tabl 7          :  Répartition de celles qui ont utilisé le femidom selon le niveau d’étude

 

Tabl 8          :  Répartition de celles qui ont utilisé le femidom selon la religion

 

Tabl 9          :  Les impressions positives sur le femidom

 

Tabl10         :  Les impressions négatives sur le femidom

 

Tabl 11        : Moment d’insertion du femidom

 

Tabl  12       : Répartition des réponses sur les apports du femidom dans les

   rapports sexuels

 

Tabl 13        : Répartition des réponses sur les obstacles

 

Tabl 14        :  Répartition des réponses sur les avantages évoqués

 

Tabl 15        :  Répartition des réponses quant aux inconvénients du femidom

 

Tabl 16        :  Répartition des réponses sur la nécessité du femidom

 

Tabl 17            :  Pourquoi le femidom est-il nécessaire ?

 

Tabl 18            : Information préalable du partenaire

 

Tabl 19        : Réactions du partenaire

 

Tabl 20        : Modification des relations affectives avec le partenaire

 

Tabl 21        : Préférence entre les préservatifs féminin et/ou masculin

 

Liste des abréviations

 

 

 

1.     ABUBEF          : Association Burundaise pour le Bien-Etre Familial

 

2.     CMC B             : Centre de Médecine Communautaire BUYENZI

 

3.     DIU                  : Dispositif Intra-Utérin

 

4.     IST                  : Infections Sexuellement Transmissibles

 

5.     ONUSIDA         : Organisation des Nations Unies pour la Lutte contre le sida

 

6.     SWAA             : Society for Women and Aids in Africa

 

7.     VIH                  : Virus d’Immuno-déficience Humaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PREMIERE PARTIE 

 

 

 

 

LA PROBLEMATIQUE

 


I. JUSTIFICATION DE L’ETUDE

 

Le SIDA, ce fléau du siècle, continue à faire des ravages particulièrement sur le continent africain. Toutes les nations essaient de se mobiliser et de chercher les moyens adéquats pour arrêter la propagation de cette maladie, notamment par la prévention.

 

Le SIDA ne pourrait arrêter son évolution fulgurante qu’à travers la pratique d’une sexualité responsable et contrôlée par les individus eux-mêmes. A l’état actuel des choses, au Burundi seul l’homme dispose d’un préservatif, le condom masculin. Il peut donc se protéger à tout moment, s’il le juge nécessaire, ce qui n’est pas le cas pour la femme.

 

En effet, les résultats d’entretiens informels réalisés lors des consultations à la SWAA, à L’ABUBEF, à l’ANSS et aux Centres de santé font état, d’un certain nombre de femmes qui soulèvent le problème des hommes qui ne sont pas toujours disposés à mettre le préservatif, même s’ils sont sollicités par leurs partenaires. Cette situation est préoccupante pour ces femmes, d’autant plus que l’éducation qu’elles ont reçue, met l’accent sur la soumission de la femme  ; elles n’osent pas s’imposer et exiger de leurs partenaires l’utilisation du condom. En effet, si l’homme refuse de porter le préservatif masculin, beaucoup de femmes n’ont pas le pouvoir de négociation requis pour refuser le rapport. Le plus fréquemment c’est le résultat de la condition sociale inférieure des femmes dans la société burundaise.

 

La SWAA/BURUNDI a, dans le cadre de la prévention, mis dans son plan d’action, la promotion de l’usage du préservatif féminin appelé Femidom.

 

 

Qu’est ce que le Femidom [1]?

 

Le femidom est l’équivalent du préservatif masculin. Le femidom est le seul préservatif féminin actuellement disponible. Il est fabriqué par la « female Health Company ». Sa vente est autorisée dans la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, ainsi que dans un certain nombre de pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

 

L’ONUSIDA (Avril 1997) définit le femidom comme étant « une gaine en polyuréthane résistante, douce au toucher et transparente qui tapisse les parois du vagin et crée une barrière contre les spermatozoïdes et les micro-organismes responsables des maladies sexuellement transmissibles, y compris le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ».

 

 

 

 Présentation du Femidom

 

Le femidom mesure 17 cm de long, 0.042-0.053mm d’épaisseur et 7.8 cm dans son diamètre le plus large.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette gaine est munie d’un anneau souple à chaque extrémité. L’anneau intérieur, amovible, est situé du côté de l’extrémité fermée. Il est utilisé pour faciliter l’insertion et le maintien du dispositif au fond du vagin.

L’anneau extérieur, plus grand et plus mince que l’anneau intérieur, reste à l’extérieur du vagin une fois le préservatif inséré. Il maintient en place le préservatif de façon à ce qu’il recouvre les organes génitaux externes, ainsi que la base du pénis pendant les rapports sexuels.

 

Le préservatif est prélubifié à l’aide d’une substance à base de silicone, non spermicide, connue sous le nom de diméthicone. Il s’agit d’un lubrifiant très utilisé dans le domaine médical. Ce lubrifiant est nécessaire pour faciliter l’insertion et les mouvements pendant les rapports.

 

Durée de vie du femidom

 

La Food and Drug Administration américaine a approuvé une durée de stockage de 5 ans à partir de la date de fabrication. A cause des propriétés du polyuréthane, le

préservatif féminin n’est pas affecté par les sauts de température et d’humidité, si bien qu’il ne nécessite pas des conditions spéciales d’entreposage.

 

Utilisation du femidom

 

Le préservatif est inséré manuellement dans le vagin avant les rapports sexuels. Il peut être mis en place indifféremment plusieurs heures ou juste avant l’acte sexuel. Le préservatif féminin n’a pas besoin d’être retiré immédiatement après le rapport, et contrairement au préservatif masculin, il n’est pas nécessaire que le pénis soit en érection pour le mettre ou pour l’enlever. A l’heure actuelle, il est conseillé un usage unique.

 

Qui peut s’en servir ?

 

Il est utilisable par des femmes de tous âges. Il est particulièrement intéressant pour celles

-         qui ressentent des effets secondaires avec une méthode hormonale ;

-         qui désirent se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles, y compris contre le virus de l’immunodéficience humaine ;

-         qui désirent espacer leurs grossesses ;

-         qui n’aiment pas le préservatif masculin

-         celles dont le partenaire refuse d’utiliser le préservatif masculin.

-         les femmes qui souffrent de sécheresse vaginale peuvent utiliser le femidom pour améliorer la lubrification et d’éviter ainsi les rapports douloureux.

 

 

Le femidom et les autres méthodes de contraception

 

Le femidom peut être combiné avec l’utilisation du dispositif intra utérin (DIU), les méthodes hormonales et la stérilisation. Par contre, il ne devrait pas être utilisé conjointement avec un préservatif masculin.

 

On peut choisir le femidom comme contraception supplémentaire, par exemple quand on a oublié une pilule, et comme protection durant la période du post partum ou même durant la grossesse. Le FEMIDOM, pourrait répondre en quelque sorte au besoin d’autonomie exprimé par des femmes, qui dans leur vie sexuelle se sentent prisonnières de l’homme et dépendantes de celui-ci quant au choix des moyens de protection.

 

Cependant, Le FEMIDOM est un moyen de prévention relativement récent, et son introduction ne peut se faire sans une conscientisation et une préparation de ses utilisatrices.

 

A cet effet, la SWAA/BURUNDI a voulu au préalable travailler à la conscientisation des utilisatrices potentielles. Complémentairement à cela, elle a commandité une étude sur l’acceptabilité du femidom pour savoir si la femme burundaise est psychologiquement prête à l’utiliser.

 

 

II. OBJECTIF GENERAL DE L’ETUDE

 

 

Cette étude a pour objectif général de déterminer le degré d’acceptabilité du FEMIDOM en milieu burundais en vue de sa vulgarisation.

 

 

III. OBJECTIFS SPECIFIQUES

 

L’étude répond aux objectifs spécifiques suivants :

 

-         Identifier les avantages et les inconvénients du FEMIDOM afin d’évaluer le degré d’acceptabilité du FEMIDOM au sein de la population

-         Inventorier les avantages du FEMIDOM par rapport au préservatif masculin.

 

 

IV. HYPOTHESE DE l’ETUDE

 

La femme burundaise, fortement menacée par le VIH, serait disposée à utiliser le femidom pour sa protection et celle de ses partenaires contre les IST et le VIH mais aussi pour sa protection contre les grossesses non désirées.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEUXIEME PARTIE 
 

 

 

 

 
LA DEMARCHE METHODOLOGIQUE

 

II.1. Population d’enquête

 

Le femidom est un préservatif destiné aux femmes. Il est très récent et son utilisation ne date que d’au plus une décennie (1992) dans les pays européens. Il est aujourd’hui utilisé dans une douzaine de pays à travers le monde, si on en croit l’UNAIDS, RHR, « The femal condom : A guide for planning and programming »,1997 p13.

 

Le femidom est une des stratégies de lutte contre le VIH/SIDA et des grossesses non désirées. Toutefois, il ne pourrait être développé sans qu’aient été identifiés au préalable les facteurs psychosociaux qui détermineraient l’adoption ou non d’un comportement donné dans le population visée.

 

Dans le cas du Burundi, son introduction nécessite une étude préalable quant à son acceptabilité auprès des utilisatrices potentielles. Cette heureuse initiative a été prise par la SWAA/BURUNDI qui a choisi de mener cette étude auprès de sa clientèle féminine d’abord, ainsi qu’auprès des femmes consultantes de l’ABUBEF, une autre institution partenaire de la SWAA et qui partage le même objectif de prévention des IST et du VIH et des grossesses non désirées.

 

Néanmoins, comme ces deux institutions sont toutes privées, la SWAA a eu l’idée d’associer une structure sanitaire étatique, d’où l’intégration de la clientèle féminine de centre de médecine communautaire (CMC) de BUYENZI à BUJUMBURA et du Centre de santé de NGOZI.

 

Ces enquêtées représentent dans la mesure du possible les différentes variables que nous considérons comme pouvant influencer le degré d’acceptabilité du FEMIDOM (l’âge, la situation matrimoniale, et le niveau d’instruction, la confession religieuse, la profession).

 

En fin de compte notre population d’enquête est répartie sur 5 provinces dans lesquelles interviennent la SWAA/BURUNDI, et l’ABUBEF  : Bujumbura, Ngozi, Muyinga, Gitega et Ruyigi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II. 2. Echantillonnage

 

 

Cette étude qui touche un domaine aussi intime, et surtout sur lequel la société véhicule un certain nombre de tabous et de préjugés, s’adresse aux femmes  volontaires du milieu urbain et rural, appartenant à diverses couches de la population, qui adhèrent totalement aux objectifs de l’étude.

 

L’étude a été faite avec un échantillon de 320  femmes volontaires, clientes des institutions sus-citées.

 

Cet échantillon est à première vue très faible mais compte tenu de la nature de l’étude, du caractère volontariste de la participation et du temps imparti à l’enquête, nous pouvons nous contenter de couvrir les différentes caractéristiques de la population féminine.

 


 

TABLEAU 1 : REPARTITION DE L’ECHANTILLON SELON LES VARIABLES

 

 

 

PROVINCES

TOTAL

 

 

BUJUMBURA  Mairie

GITEGA

MUYINGA

NGOZI

RUYIGI

 

 

 

 

Nbre

%

Nbre

%

Nbre

%

Nbre

%

Nbre

%

Nbre

%

Tranches d’âges

Moins de 25 ans

42

28,0%

13

29,5%

4

18,2%

20

25,6%

 

 

79

24,7%

25 à 35 ans

69

46,0%

23

52,3%

12

54,5%

39

50,0%

20

76,9%

163

50,9%

Plus de 35 ans

39

26,0%

8

18,2%

6

27,3%

19

24,4%

6

23,1%

78

24,4%

Situation matrimoniale

Mariée

90

60,0%

12

27,3%

11

50,0%

41

52,6%

10

38,5%

164

51,3%

Célibataire

29

19,3%

22

50,0%

6

27,3%

18

23,1%

4

15,4%

79

24,7%

Veuve

10

6,7%

7

15,9%

1

4,5%

13

16,7%

6

23,1%

37

11,6%

Divorcée

5

3,3%

3

6,8%

2

9,1%

6

7,7%

2

7,7%

18

5,6%

Partenaires multiples

15

10,0%

 

 

2

9,1%

 

 

4

15,4%

21

6,6%

Non réponses

1

7%

 

 

 

 

 

 

 

 

1

3%

Niveau d’études

Primaire

74

49,3%

22

50,0%

8

36,4%

44

56,4%

10

38,5%

158

49,4%

Secondaire

47

31,3%

12

27,3%

10

45,5%

14

17,9%

11

42,3%

94

29,4%

Supérieur

4

2,7%

2

4,5%

 

 

1

1,3%

 

 

7

2,2%

Sans formation

25

16,7%

8

18,2%

4

18,2%

19

24,4%

5

19,2%

61

19,1%

Activité

Etudiante

7

4,7%

2

4,7%

1

4,5%

2

2,6%

1

3,8%

13

4,1%

Cultivatrice

9

6,0%

9

20,9%

5

22,7%

37

47,4%

10

38,5%

70

21,9%

Commerçante

44

29,3%

3

7,0%

 

 

9

11,5%

2

7,7%

58

18,2%

Fonctionnaire

7

4,7%

9

20,9%

1

4,5%

4

5,1%

2

7,7%

23

7,2%

Agent sanitaire

9

6,0%

4

9,3%

2

9,1%

3

3,8%

 

 

18

5,6%

Enseignante

7

4,7%

1

2,3%

4

18,2%

5

6,4%

7

26,9%

24

7,5%

Ménagère

67

44,7%

15

34,9%

9

40,9%

18

23,1%

4

15,4%

113

35,4%

Religion

Catholique

78

52,0%

29

65,9%

17

77,3%

46

59,0%

17

65,4%

187

58,4%

Protestante

37

24,7%

6

13,6%

1

4,5%

10

12,8%

2

7,7%

56

17,5%

Islam

34

22,7%

6

13,6%

4

18,2%

22

28,2%

7

26,9%

73

22,8%

Autre

1

7%

3

6,8%

 

 

 

 

 

 

4

1,3%

Total

 

150

100,0%

44

100,0%

22

100,0%

78

100,0%

26

100,0%

320

100,0%

 

 

 


 

II.3. Instrument de collecte des données

 

Les techniques de recueil d’informations étant variées et tributaires de la nature de l’étude, nous avons privilégié pour la présente étude l’interview semi-structurée qui selon, FESTINGER et KATZ[2], est une technique d’interaction verbale entre deux ou plusieurs interlocuteurs qui vise à recueillir des données essentielles sur une question.

 

Dans une perspective de recherche, faire une interview c’est chercher à obtenir des données utiles à une enquête sociale en suscitant des déclarations de personnes susceptibles de fournir ces données. Les personnes interrogées peuvent être des actrices ou témoins par rapport aux faits qu’elles relatent.

 

Cette technique fait appel à des faits que seuls peuvent rapporter les individus qui en ont fait l’expérience personnelle.

 

Nous avons ainsi opté pour cette technique car elle nous permet  d’atteindre les attitudes et les impressions de nos enquêtées à l’égard du femidom.

 

Nous avons dès lors élaboré un guide d’interview qui  comporte des questions fermées pour montrer la position des enquêtées à l’égard du femidom et des questions ouvertes qui permettent de dégager la signification et les motivations profondes de l’acceptation ou de la non acceptation du femidom.

 

 

II. 4. Choix des enquêteurs et leur formation

 

L’enquête a été réalisée par une équipe de 12 enquêteurs dont des  infirmières, des assistantes sociales, un médecin et une psychologue de la SWAA-Burundi, de l’ABUBEF, et du CMC, régulièrement affectés aux services de prise en charge médicale et/ou psychosociale au sein de ces associations et qui sont habitués aux activités de counselling relatif au SIDA et à la santé de la reproduction.

 

Ces enquêteurs ont été formés au préalable sur les aspects suivants :

-         le contexte et les objectifs de l’étude

-         le femidom et son utilisation

-         l’approche méthodologique à utiliser.

 

A ce sujet, une séance de simulation de l’entrevue a été réalisée avec les enquêteurs.

 

 

 

 

 

 

 

II.5. La pré-enquête

 

Cette étape de l’étude comprend trois moments :

 

II 5.1. Phase  de recrutement des enquêtées

 

Pour la Pré-enquête, 60 personnes étaient prévues soit 5 clientes par enquêteur et ce, dans les 5 provinces.

Aussitôt après la formation des enquêteurs , ceux-ci ont démarré une campagne de recrutement des enquêtées au cours de leurs séances habituelles  de counselling. Les différents publics touchés pendant cette période de 2 semaines ont été informés sur le FEMIDOM et invitées à participer à l’étude qui était en vue. 

 

II.5.2. Phase de démonstration et de remise des FEMIDOM aux enquêtées

 

Les femmes qui acceptaient de participer à l’étude ont eu l’occasion de suivre une démonstration sur le maniement du femidom. Quelques préservatifs ont été distribués pour permettre de toucher et même de manipuler le femidom.

Au cours des séances individuelles de démonstration , les clientes étaient initiées à l’utilisation du FEMIDOM. L’enquêteur leur explique son mode d’emploi dans ses moindres détails. Elles avaient la possibilité de s’informer sur toutes les questions concernant ce préservatif. Ainsi, l’enquêteur remettait à chaque cliente deux FEMIDOM et un numéro d’identification qui devait figurer sur la fiche d’enquête.

 L’enquêteur les invitait à revenir pour livrer leurs impressions dans un délai n’excédant pas les deux semaines.

 

II.5.3. Phase de collecte des données de la pré-enquête.

 

Avant de nous lancer dans l’enquête proprement dite, nous avons d’abord testé notre instrument de collecte des données. L’objectif de cette étape de la pré-enquête était de valider et de vérifier l’intelligibilité des questions.

 

Les résultats de la pré-enquête nous ont permis de reformuler les questions 1,2 et 14 et d’en rajouter d’autres. Ainsi, la question n°1 était au départ formulée comme suit :

« Tubwire uburyo muzi bwo kwikingira SIDA ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Après la pré-enquête, les différentes possibilités de réponses ont été proposées pour faciliter le travail de l’enquêteur qui n’avait qu’à cocher devant une réponse chaque fois qu’elle était évoquée.

 


-         Kwihangana

 


-         Kureka gushurashura

 


-         Kwirinda ibitobora uruhu

 

 

 


-         Kwirinda gusama imbanyi ufise umugera

-         Agafuko

 

-         Ibindi                    Si sigura

 

La question n°2 était libellée    comme suit :

 

a)     « Uravye muri uku kwezi guheze, woba wararanguye amabanga mpuzabitsina (canke amabanga y’abubatse) ?

 


Ego                                         

 


b)     Wabigize kangahe ?                   N’abantu bangahe ?

 

Ou alors               oya

c)      Vyagenze gute ?

 


d)     None iyo bitangenda gutyo, usanzwe ubigira kangahe ?

         N’abantu bangahe ?

 

La modification de la question a porté sur la période qui n’est plus mensuelle mais hebdomadaire

Uravye muri iyi ndwi iheze, ….le reste demeurant inchangé.

 

 

De même pour la question n°14, les possibilités de réponses ont été proposées, toujours dans le but de  faciliter le travail des enquêteurs.

Uramutse ukoresheje agakingirizo, woshima ko mukoresha agakingirizo k’abakenyezi canke agakingirizo k’abagabo ?

 

Agakingirizo k’abakenyezi

 

Agakingirizo k’abagabo

 

La pré-enquête nous a permis également de trier, et d’adapter les questions en rapport avec le deuxième passage.

Après cette période d’essai avec les deux préservatifs , les enquêteurs  sont passés à la collecte des données par interview semi structurée. Au cours de l’entretien direct et individuel avec l’enquêtée, l’enquêteur remplissait au fur et à mesure la fiche d’enquête.

 

En outre, les résultats de la pré-enquête ont montré que l’acceptabilité du femidom n’est pas influence par les caractéristiques de la population d’enquête.

 

II.6. L’enquête proprement dite.

 

L’enquête s’est déroulée dans les 5 provinces du pays à savoir Bujumbura, Gitega, Muyinga, Ngozi, et Ruyigi, durant les mois d’Août et septembre. Elle a été réalisée par les animateurs habituels des associations et centres de santé concernés. L’enquête proprement dite comporte également trois moments.

 

II.6.1  Phase  de recrutement des enquêtées. 

 

De la même manière qu’au cours de la pré-enquête, les enquêtées suivent une séance de formation et d’information. L’enquêteur invite les personnes volontaires à participer à l’étude.

 

II.6.2. Phase de démonstration et de remise des femidom .

 

Cette phase concerne les femmes qui ont accepté de participer à l’étude. Comme pour la pré-enquête, ces femmes sont informées sur le femidom. Elles sont ensuite initiées à son utilisation.

 

A cette même occasion, elles reçoivent deux préservatifs  féminins  pour essai  ainsi qu’un numéro d’identification. Ce code secret devait figurer sur la fiche d’enquête.

 

II.6.3. Phase de collecte des informations.

 

Cette phase de collecte s’est déroulée en deux temps que nous avons appelés premier et deuxième passage.

 

Premier passage      Les femmes qui sont allés essayer le femidom reviennent aux centres respectifs pour parler de leurs expériences. Les enquêteurs remplissent la fiche d’enquête au cours d’un entretien direct et individuel.

Deuxième passage Au moment  où elles viennent livrer leurs impressions, deux autres préservatifs féminins leur sont donnés. En effet, nous avons envisagé un deuxième essai du femidom en vue de déceler les effets éventuels de l’habitude et de la familiarité avec le femidom et ainsi valider les impressions du premier passage.

 

Par ailleurs, la plupart des programmes suggèrent aujourd’hui que les femmes essaient le préservatif féminin trois fois avant de décider si oui ou non elles l’aimaient.

 

II.7 Limites et contraintes.

 

Les difficultés rencontrées au cours de notre travail sont liées pour une large part au faible taux de participation et à la supervision de l’enquête.

 

Concernant le faible taux de participation, les entretiens avec les responsables des associations ainsi que la consultation des registres font état d’une fréquentation importante.

La moyenne de l’affluence était de 25 clientes par jour aussi bien à l’ABUBEF qu’à la SWAA.

 

Ces constats nous ont poussées à envisager un échantillon de 600 femmes.

 

Néanmoins pour des raisons indépendantes de notre volonté, cet échantillon de 600 femmes n’a pas pu être atteint. En effet, même si les clientes habituelles sont venues, beaucoup d’entre elles n’ont pas accepté d’aller essayer le femidom.

 

Aussi, on attendait une cinquantaine de participantes à l’ANSS qui à notre surprise, n’a malheureusement pas voulu participer à l’étude. Il en a été de même pour l’ABUBEF GITEGA.

 

Comme le temps imparti à l’enquête se limitait à seulement 2 mois, l’échantillon à la fin de cette période s’est arrêté à 320 femmes qui ont accepté de participer à notre étude. Néanmoins, seules 267 de celles-ci ont effectivement utilisé le femidom. En effet, 36 qui avaient pris le femidom n’ont pas eu l’occasion de s’en servir pour des raisons diverses tandis que 17 femmes ne sont pas revenues pour donner leurs impressions.

 

Quant à la supervision de l’enquête, la relation d’entretien qui devait requérir la confidentialité ne permettait pas la présence d’une tierce personne. Nous avions toutefois demandé à nos enquêteurs de nous signaler d’éventuelles difficultés.

 


 

 

 

 

 

 

 

TROISIEME PARTIE 

 

 

 

 

PRESENTATION, ANALYSE ET

INTERPRETATION DES RESULTATS


 

III.1. CONNAISSANCES GENERALES SUR LES MOYENS

 DE LUTTE CONTRE LE SIDA.

 

Le femidom étant un moyen de protection qui vient s’ajouter aux autres, nous avons jugé bon d’explorer les connaissances de nos enquêtées en rapport avec les moyens de lutte contre le SIDA.

 

TABLEAU 2 :  Les moyens de prévention du SIDA connus par les enquêtées

 

Réponses

fréquence

Pourcentage

Le préservatif

295

92,18

Pas utiliser des objets tranchants

246

76

Pas de vagabondage sexuel

210

65

Abstinence

184

57

Eviter la transfusion sanguine

5

1

 

  • Le total excède le nombre d’enquêtées parce que chacune pouvait donner plusieurs réponses.

Le préservatif est évoqué par la majorité de nos enquêtées, soit 92,8%. On peut penser d’ores et déjà qu’elles parlent du préservatif masculin parce que c’est le seul encore disponible sur le marché burundais.

 

Le vagabondage sexuel étant reconnu comme voie redoutable de contamination du sida est évoqué par nos enquêtées en 3ème position. Le condom l’est par contre en 1ère position.

 

De façon générale, nos enquêtées sont suffisamment informées sur les moyens de lutte contre le SIDA, comme l’indique le tableau ci-haut. En effet, notre public cible est constitué de la clientèle habituelle des institutions qui oeuvrent à la prévention du sida. Il se trouve dès lors et déjà sensibilisé sur les moyens de lutte.

 

 

III.2.  ACCEPTABILITE DU FEMIDOM.

 

III.2.1 Nombre de rapports sexuels mensuels.

 

 

En posant cette question, l’objectif était de se rendre compte que nos enquêtées sont sexuellement actives. En effet, les résultats de l’étude montrent que presque toutes nos enquêtées (soit 88%) font des rapports sexuels en raison d’une moyenne de 16 fois par mois.

 

 

 

 

 

Par ailleurs, parmi nos enquêtées, il y en a qui nous ont affirmé avoir plusieurs partenaires (de 1 à 5)

 

Nous avons en outre cherché à savoir si nos enquêtées font des rapports sexuels protégés. Ainsi, 239 sur 320 soit 75% utilisent un préservatif alors que 73 soit 23% n’utilisent pas de préservatif. On pourrait dès lors s’interroger sur le sort de ceux qui font des rapports sexuels non protégés.

 

III.2.2 Le femidom est-il accepté en milieu burundais ?

 

Le préservatif féminin n’est pas encore disponible en milieu burundais. Avant de le disponibiliser, la SWAA a eu l’initiative d’en étudier d’abord l’acceptabilité.

C’est ainsi que les  enquêtées avaient reçu chacune 2 préservatifs féminins pour essai et devaient revenir pour livrer leurs impressions. Sur 320 femmes qui ont accepté de participer à l’étude 267 soit 83,43% ont utilisé le femidom, 36 soit 11,25% ne s’en sont pas servi et 17 soit 5,31 ne sont pas revenues pour révéler leurs impressions.

 

TABLEAU 3 :  Nombre de femmes qui ont participé à l’étude.

 

 

Fréquence

%

ont utilisé les femidoms

267

83,43

n’ont pas pu l’utiliser

36

11,25

pas de réponse

17

5,31

Total

320

100

 

 

 III.2.2.1. Raisons de non utilisation du femidom.

 

 

Si les 36 femmes n’ont pas utilisé le femidom cela ne voudrait pas dire qu’elles l’ont toutes rejeté. Différentes raisons ont entraîné la non utilisation du femidom comme on peut les trouver dans le tableau ci-dessous.

 

 

TABLEAU 4 :  Répartition des raisons de non utilisation du femidom.

 

Type de réponses

Fréquence

Pourcentage

Refus catégorique du partenaire

22

61,11

Pas de client qui s’est présenté

4

11,11

Le mari était absent

3

8,33

Usage d’une autre méthode de  contraception

2

5,55

Accusée d’infidélité

2

5,55

Difficile à insérer

2

5,55

Ca m’a fait peur

1

2,77

Total

36

100

 

 

Enfin 17 femmes ne sont pas revenues faire part de leurs impressions.

 

Sur les 36 femmes 22 soit 61,11% rapportent n’avoir pas utilisé le femidom parce que le partenaire a catégoriquement refusé. De ces 22 femmes, 15 sont mariées, 5 sont des célibataires et 2 sont des divorcées.

 

Tableau n° 5 : Répartition de celles qui ont utilisé le femidom selon l’état matrimonial

 

 

      Réponses

 


Etat matrimonial

 

fréquence

%

Mariées

133

81,09

Célibataires

67

84,81

Veuves

32

86,48

Divorcée

15

83,33

A partenaires multiples

20

95,23

Total

267

83,43

 

 

Tableau N° 6 :  Répartition de celles qui ont utilisé le femidom selon l’âge.

 

             Rép.

        Age

Fréquence

%

Moins de 25 ans

63

79,74

25à35 ans

136

83,43

Plus de 35 ans

68

96,14

 

 

 

Tableau N° : Répartition de celles qui ont utilisé le femidom selon le niveau d’étude

 

     Réponses

 

Niveau d’étude

Fréquence

%

Sans formation

53

86,86

Primaire

133

84,17

Secondaire

74

78,72

Supérieur

7

100

 

 

 

 

 

 

 

Tableau N° 8 : Répartition de celles qui ont utilisé le femidom selon la religion

 

 Réponses

 

Religion

Fréquence

%

 Catholique

161

86,09

 Protestant

43

76,78

 Musulmans

60

82,19

 Autres

3

75,00

 

En effet, l’emploi du préservatif demande la plupart du temps l’accord des deux partenaires. Il est difficile pour la femme de contester les décisions de leurs époux, particulièrement s’il s’agit du moment et des manières d’avoir des relations sexuelles.

 

Parmi ces femmes se trouvent entre autres celles à partenaires multiples qui se trouvent souvent dans une position encore moins assurée pour exiger une protection. En témoignent les propos ci-après : «Yambwiye ko aca angabanya amahera » c’est-à-dire «  Il m’a dit qu’avec le femidom  le tarif devrait diminuer ».

 

7 femmes sur les 36 soit 19,44% n’ont pas utilisé le femidom simplement parce qu’elles n’ont pas eu de « client » à cette période, ou que le mari était absent.

 

Ces femmes à partenaires multiples hésitent à discuter avec un client sur l’utilisation du femidom, craignant la perte d’un revenu.

 

Quel que soit le statut matrimonial de la femme, si l’homme refuse, beaucoup de femmes n’ont pas de pouvoir de négociation requis pour refuser le rapport, la raison fondamentale étant la condition sociale inférieure des femmes de notre société.

 

Par ailleurs, 2 femmes soit 5,55% affirment ne pas avoir utilisé le femidom par peur d’être accusées d’infidélité. Ainsi beaucoup de gens pensent qu’une femme ne risque de contracter l’infection à VIH que si elle a de nombreux  partenaires sexuels ou s’adonne à la prostitution.

 

Le propos de cette femme en dit long « Natinye ico umugabo yokwibaza. »

« j’ai eu crainte de ce que penserait mon mari »

 

Il y a deux femmes qui n’ont pas utilisé le femidom prétextant qu’elles utilisaient une autre méthode de contraception. Elles auraient considéré le femidom sous son aspect contraceptif que de prévention.

 

Deux enquêtées apportent qu’elles n’ont pas utilisé le femidom parce que l’insertion leur a été difficile.

 

Enfin, une femme sur les 36 soit 2,77% n’a pas utilisé le préservatif féminin, parce qu’avoue-t-elle, le femidom lui a fait peur.

 

III.2.2.2 Les impressions sur le femidom.

 

Ces impressions sont révélées par les 267 qui ont participé à l’étude et qui ont effectivement utilisé le femidom. Les réponses de nos enquêtées font état des impressions positives et des impressions négatives.

 

 

A. Les impressions positives sur le femidom.

 

TABLEAU 9 :  Les impressions positives sur le femidom

 

impressions

fréquence

pourcentage

Le femidom est confortable

157

58.80

Le femidom est doux

59

22,09

Le femidom n’est pas ressenti au moment des rapports par les partenaires

46

17,22

Le femidom assure la satisfaction sexuelle

15

5.61

Le femidom est lubrifié

13

4.86

Le femidom ne sent pas mauvais

2

0.74

Le femidom recueille convenablement les spermes

2

0.74

 

Il ressort du tableau ci-dessus que pour 157 femmes soit 58.8% le femidom est confortable.

 

Pour 59 femmes soit 22,09% le femidom est doux.

Par ailleurs, pour 46 femmes soit 17,22%, le femidom n’est pas ressenti au moment des rapports par les partenaires.

 

15 femmes soit 5.61% disent que le femidom assure la satisfaction sexuelle pendant les rapports.

 

13 femmes soit 4.86% trouvent le femidom lubrifié.

Deux autres femmes soit 0.74% rapportent que le femidom recueille convenablement les spermes.

 

Enfin, comparativement au préservatif masculin, le femidom ne sent pas mauvais. Cela a été évoqué par 2 femmes soit 0.74%

 

 Le femidom est un mode de protection supplémentaire qui présente des qualités évidentes et qui assurent à la femme son autonomie.

 

 

 

 

 

 

B. Les impressions négatives sur le femidom

 

Les impressions négatives révélées par nos enquêtées concernent principalement l’aspect physique du femidom.

 

 

TABLEAU 10 :  Les impressions négatives sur le femidom

 

Impressions

Fréquences

pourcentage

Le femidom est difficile à insérer

49

18.35

Le femidom chatouille à cause des anneaux

7

2.62

Le femidom fait peur

11

4.11

Le femidom fait beaucoup de bruit

4

1.49

Le femidom exige qu’on le tienne durant les rapports sexuels

2

0.74

Le femidom est inconfortable pour le partenaire

2

0.74

Le plaisir sexuel diminue

2

0.74

Le femidom fait mal

6

2.24

Le femidom n’est pas pratique pour la technique « Ruganga »

5

1.87

L’insatisfaction du partenaire

3

1.12

Crainte des effets néfastes éventuels du lubrifiant

1

0.37

Crainte du retrait éventuel du femidom

1

0.37

 

La lecture du tableau montre que 18.35% de nos enquêtées trouvent que le femidom est difficile à insérer.

 

Pour 4.11% de nos enquêtées, le femidom fait peur. Elles font allusion aux dimensions du femidom.

 

Pour 2.62% de nos enquêtées le femidom chatouille à cause des anneaux.

 

Il y a 2.24% des enquêtées pour qui le femidom fait mal.

 

 

5 autres enquêtés soit 1.8% disent que le femidom n’est pas pratique pour la technique « Ruganga ». Celle-ci consiste en des tapotements saccadés du clitoris, par le biais du pénis pendant les rapports sexuels.

 

1.49% des enquêtées rapportent que le femidom fait beaucoup de bruit pendant les rapports sexuels.

 

D’autres impressions négatives se rapportent à l’insatisfaction du partenaire (3 femmes soit 1,12%)  et à l’inconfort ressenti par celui-ci (0,74%).

Parailleurs 2 femmes soit 0.74% craignent les effets néfastes éventuels du lubrifiants et/ou le retrait éventuelle du femidom. Dans le même sens, 2 femmes soit 0.74% qui soulignent que le femidom exige qu’on le tienne durant les rapports sexuels.

III.2.2.3. Le moment de l’insertion du femidom

 

Le moment de l’insertion du femidom  est variable selon nos enquêtées.

 

 

TABLEAU 11 :  Moment d’insertion du femidom.

 

Réponses

Fréquence

Pourcentage

Une heure avant les rapports sexuels

5

1,87

Juste avant les rapports sexuels

16

5,99

Quand elle se rend chez le partenaire

5

1,87

Quand elle va au lit

87

32,58

Quand le client se présente

5

1,87

30 minutes avant les rapports

6

2,24

TOTAL

267

100

 

A la différence du préservatif masculin qui nécessite que  l’organe mâle soit en érection, le femidom peut être inséré indifféremment plusieurs heures ou juste avant l’acte sexuel.

 

III.2.2.4. Apports et obstacles  du femidom dans les relations sexuelles

 

L’objet des rapports sexuels est rarement la procréation. C’est beaucoup plus pour le plaisir qu’on en retire. En vue de savoir dans quelle mesure le femidom serait accepté, nous avons posé la question  à nos enquêtées de savoir ce que le femidom apporte dans les relations sexuelles ou à l’inverse en quoi serait-il gênant.

 

La majorité de nos enquêtées c’est-à-dire 131 sur 267 soit 49,06% affirment que rien n’a changé  dans les rapports sexuels avec l’utilisation du femidom. Les réponses des 136 qui restent parlent tantôt des apports positifs du femidom mais également des obstacles liés au femidom. Les sensations et les perceptions à l’égard du femidom ne sont pas nécessairement les mêmes. Ainsi, pour certaines, le femidom chatouille et excite alors que pour d’autres le chatouillement diminue le plaisir sexuel. De même pour le bruit du femidom qui excite les hommes alors qu’ailleurs il diminue le plaisir sexuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A. Apports du femidom dans les relations sexuelles.

 

Les apports qu’évoquent nos enquêtées se lisent dans le tableau suivant :

 

TABLEAU 12 :  Répartition des réponses sur les apports du femidom dans les

   rapports sexuels

 

Réponses

Fréquence

Pourcentage

La sécurité totale

12

4,45

Le femidom augmente le liquide vaginal

10

3,74

Le femidom conduit la chaleur

10

3,74

Le bruit du femidom excite les hommes

3

1,12

Le femidom augmente le plaisir sexuel chez les 2 partenaires

48

17.97

Le femidom ne fatigue pas

3

1.12

Le femidom ne fait pas mal

11

4.11

 

En lisant le tableau N°12, nous voyons que le femidom est apprécié par nos enquêtées parce qu’il augmente le plaisir sexuel chez les deux partenaires. Ceci est évoqué par 48 femmes soit 17.97%. Elles l’expriment en disant

« dukoresheje femidom turyoherwa twese », C’est-à-dire : «quand nous utilisons le femidom nous éprouvons tous du plaisir».

 

Le femidom est accepté pour sa sécurité. Cette sécurité est due notamment à la matière dans laquelle il est fait, c’est-à- dire le polyuréthane et à ses dimensions. Nos enquêtées l’expriment en ces termes :

 

-         « Karakomeye »,  c’est-à-dire  il est solide

-         « Ntigatabuka », c’est-à-dire il ne se déchire pas

-         «  Karatega neza imbuto z’umugabo », c’est-à-dire le femidom recueille convenablement le sperme

-  « Umuntu yumva ko atongereza indwara yiwe », la femme ne craint pas la

surinfection.

 

 

Les propos de nos enquêtées rejoignent les informations déjà disponibles à l’ONUSIDA, si l’on se réfère au document synthèse de décembre 1999 oùil est dit que le femidom protège le vagin, le col et les parties génitales externes offrant une protection très ample. C’est dire en fait que l’acceptabilité du femidom ne dépend pas que des sensations physiques, mais que le  dispositif offre plus de confort émotionnel.

En effet, une fois la femme sécurisée quant à sa protection, elle est plus à l’aise, ce qui améliore les rapports sexuels chez les partenaires.

Nous avons 11 femmes soit 4.11% qui disent que le femidom ne fait pas mal.

 

Par ailleurs, selon 10 femmes enquêtées soit 3.74%, l’apport du femidom est lié à l’augmentation du liquide vaginal. Ce liquide est ainsi perçu comme une source de plaisir aussi bien pour les hommes que pour les femmes. En effet, le femidom est pré-lubrifié   avec un lubrifiant non spermicide, à base de silicone, de façon à faciliter son insertion ainsi que les mouvements durant les rapports sexuels.

D’après la littérature existante, les femmes qui souffrent de sécheresse vaginale ont la possibilité d’utiliser le femidom pour améliorer la lubrification et d’éviter ainsi les rapports douloureux.

 

Un autre élément évoqué par nos enquêtées comme apport du femidom aux rapports sexuels, c’est qu’il conduit la chaleur. Cela a été évoqué également par 10 femmes soit 3.74%. En effet, le document synthèse déjà cité précise que le polyuréthane, matière dans laquelle le femidom est fait conduit la chaleur, ce qui rend l’acte sexuel très agréable et naturel.

 

Enfin, 3 enquêtées soit 1.12% apprécient le femidom à cause du bruit qu’il fait pendant le rapport. Elles rapportent que le bruit du femidom excite les hommes.

 

3 autres femmes soit 1.12% ajoutent que le femidom ne fatigue pas.

 

B. Obstacles liés au femidom.

 

Certaines de nos enquêtées évoquent des aspects négatifs du femidom.

 

TABLEAU 13 : Répartition des réponses sur les obstacles

 

Réponses

Fréquence

Pourcentage

La femme pense incessamment au femidom qu’elle porte

13

4.86

Le femidom diminue le plaisir sexuel chez les deux partenaires

25

9.36

Le femidom n’est pas pratique pour la technique « Ruganga » ni pour la  technique de balancement « Kunyonga ».

7

2.62

Le femidom fait mal

1

0.37

Le vagin ne reçoit plus le sperme du partenaire

1

0.37

 

Pour les 25 femmes soit 9,36% qui disent que le femidom diminue le plaisir sexuel, les arguments avancés sont liés au bruit et au chatouillement.

 

13 enquêtées soit 4.86% rapportent que « la femme pense incessamment au femidom qu’elle porte ». Elles auraient crainte du retrait éventuel du femidom et cela atteste une situation de stress et d’inconfort émotionnel.

 

7 de nos enquêtées soit 2.62% déplorent que le femidom n’est pas commode pour certaines pratiques sexuelles comme la technique « Ruganga » ou encore la technique de balancement dite « Kunyonga ». Celle-ci consiste en des mouvements giratoires et de balancement du bassin pendant les rapports sexuels. Le femidom se heurterait ainsi aux barrières culturelles.

Enfin deux femmes se plaignent une que le femidom fait mal et l’autre du fait que le vagin ne reçoit plus le sperme du partenaire.

 

 

III.2.2.5. Avantages et Inconvénients du femidom

 

Aux femmes qui ont participé à l’enquête, il leur a été posé la question de savoir ce qu’elles ont apprécié du femidom et à l’inverse ce qu’elles ont désapprécié du femidom.

 

A. Les avantages du femidom selon nos enquêtées

 

Nous trouvons ces avantages dans le tableau N° 14.

 

TABLEAU  14 :   Répartition des réponses sur les avantages évoqués

 

Les avantages

fréquence

Pourcentage

Le femidom protège contre les IST et les grossesses non désirées

138

51,68

Le femidom est doux  mais  solide

71

26,59

Le femidom est confortable

54

20.22

Le femidom augmente le plaisir sexuel

103

38.57

Le femidom est très facile à utiliser

11

4.11

L’autonomie de la femme

36

13.48

L’anneau extérieur rassure que le femidom ne peut pas rester dans le vagin

15

5.61

Le femidom est plus large comparativement au préservatif masculin

7

2.62

Le femidom ne sent pas mauvais

13

4.86

Le femidom n’est pas à usage unique

6

2.24

 

Comme on le voit, plus de la moitié de nos enquêtées soit 51,68% évoquent comme avantage du femidom la protection contre les IST et les grossesses non désirées. Les propos sont :

-         « Ni uburyo bwo kwikingira bwongerekanye » c’est-à-dire «c’est un mode de protection supplémentaire»

-         ou encore « umucafu usigara muri ko » pour dire «les saletés restent dans le femidom.»

-         « Ntigatabuka karakomeye » c’est-à-dire «il (le femidom)ne se déchire pas parce qu’il est solide.

-         « Ntiyiyaga » c’est-à-dire qu’elle (l’utilisatrice) ne  se gratte pas »

 

Nos enquêtées ont trouvé dans le femidom une méthode barrière supplémentaire qui offre probablement aux gens une protection accrue contre les IST/VIH et contre les grossesses non désirées.

 

 

 

De fait, le femidom ne remplace pas le condom ni aucune autre forme de protection. Il enrichit plutôt l’arsenal de moyens disponibles dans la lutte contre les IST y compris l’infection à VIH. Aussi, quand le préservatif féminin est utilisé correctement lors de chaque rapport sexuel, le taux de grossesses accidentelles pourrait s’abaisser.

 

Nos enquêtées ajoutent que les « saletés » restent dans le femidom. En effet, celui-ci est un fourreau souple mais solide qui peut contenir les spermes et tout ce qu’ils peuvent comporter comme microbes.

 

Selon l’ONUSIDA (avril 1997), les essais réalisés sur le préservatif féminin indiquent que les fuites de spermes après l’acte sexuel sont moindres qu’avec un préservatif masculin et que le risque de pénétration du sperme dans le vagin en raison d’un déplacement du préservatif est inférieur d’environ un tiers.

Ces tests ont été effectués avec des équipements à ultrasons pour vérifier la stabilité du préservatif et différentes positions sexuelles ont été essayées.

 

 

71 enquêtées soit 26.59%  évoquent également que le femidom est doux et solide. En effet, le polyuréthane employé pour fabriquer le femidom est un plastique doux, et fin mais plus solide que le latex, la matière qui est utilisée pour le préservatif masculin.

 

Selon toujours l’ONUSIDA (1997), aucun dispositif particulier de stockage n’est requis, car le polyuréthane n’est pas affecté par les changements de température et l’humidité. Par contre le latex contenu dans le préservatif masculin peut être endommagé par la chaleur, la lumière et l’humidité. La durée de conservation du préservatif féminin est de 60 mois (5ans) à partir de la date de fabrication.

 

D’autres enquêtées ont évoqué que le femidom ne provoque pas de réaction allergique. « Ntiyiyaga », disent-elles, c’est-à-dire l’utilisatrice ne se gratte pas. Par ailleurs, selon ONUSIDA (avril 1997), des essais ont étudié le risque d’irritation du préservatif féminin ou l’éventualité qu’il favorise l’apparition de problèmes bactériologiques ou autres dans le vagin. Dans certains tests, le préservatif féminin a été utilisé pendant un rapport sexuel, puis laissé dans le vagin pendant la nuit, soit beaucoup plus longtemps que dans des conditions normales. Les résultants n’ont révélé aucune complication, indiquant que même les femmes à la peau très sensible peuvent utiliser le préservatif féminin.

 

Selon nos enquêtées, le préservatif féminin paraît comme une méthode sûre qui protègerait les femmes à la fois contre les grossesses non désirées et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

 

 

 

 

 

 

 

Une bonne partie de nos enquêtées (54/267 soit 20.2%) ont rapporté que le femidom est confortable. Elles le disent en ces termes :

 

-         « kameze neza »    c’est-à-dire il est bien ;

-         « ntikababaza »   ne fait pas mal

-         n’est pas ressenti au moment des rapports sexuels, et la femme éprouve les mêmes sensations que si le contact était direct c’est-à-dire corps à corps lors des rapports sexuels non protégés.

 

 

103 enquêtées soit 38.57% disent que le femidom augmente le plaisir sexuel. Elles évoquent que « Karashuha » c’est-à-dire que le femidom conduit la chaleur ; « Muryoherwa mwese » c’est-à-dire les 2 partenaires éprouvent du plaisir.

« Yiyongeza kabiri canke gatatu muri femidom imwe » c’est-à-dire le partenaire fait 2 ou 3 coups dans un seul femidom.

« Umugabo ntagomba guheza araryoherwa » ce qui signifie le partenaire éprouve du plaisir et n’a pas envie de terminer.

« Iravuga bagaca baryoherwa » c’est-à-dire le bruit du femidom augmente le plaisir sexuel.

« iranyeregeta » c’est-à-dire il est lubrifié.

 

·        Pour ces enquêtées, la chaleur, le lubrifiant et même le bruit du femidom rendent l’acte sexuel agréable. Aussi comme il ne doit pas se retirer immédiatement après l’éjaculation, un 2ème voire un 3ème acte sexuel est envisageable.

 

Pour 36 enquêtées soit 13.48%, le femidon est très pratique et assure l’autonomie à la femme. C’est ce qu’elles expriment par :

 

-         Iyo umugabo yibagiye urimenya c’est-à-dire le femidom pallie à l’oubli du préservatif masculin par le partenaire ;

-         Urashobora kukambara umugabo atabizi c’est-à-dire la femme peut mettre le femidom à l’insu du partenaire.

 

·        Le femidom pallie à l’oubli du condom par le partenaire.

 

 En effet, si les partenaires ont consommé de l’alcool ou de la drogue avant d’avoir des relations sexuelles, l’idée d’utiliser le préservatif masculin ne leur vient peut être même pas à l’esprit ou alors l’homme aura une érection insuffisante rendant impossible la pose d’un préservatif. Le risque d’utilisation incorrecte du préservatif sera également accru, tout comme la probabilité qu’il soit déchiré en le sortant de l’emballage ou qu’une fuite se produira par l’extrémité ouverte.

 

  • L’emploi du préservatif féminin accroît réellement le contrôle de la femme. C’est une méthode que les femmes peuvent contrôler. Aussi, comme il peut s’insérer plusieurs heures avant l’acte sexuel, il peut offrir une protection dans des situations où la consommation d’alcool ou de drogue risque de réduire les possibilités d’emploi d’un préservatif masculin.

 

Selon 15 femmes soit 5.61% de nos enquêtées, l’anneau extérieur rassure que le femidon ne peut pas rester dans le vagin. Elles s’expriment : Agace k’inyuma kerekana ko idashobora kumperamwo ». C’est- à-dire la partie extérieure montre que le femidom  ne peut pas rester dans le corps de la femme.

 

 

 

En effet, à voir le dispositif, l’anneau extérieur qui est plus grand et plus mince que l’anneau intérieur reste à l’extérieur du vagin une fois le femidom inséré. Cet anneau maintient le préservatif de façon à ce qu’il recouvre les organes génitaux externes ainsi que la base du pénis pendant les rapports sexuels. Le risque de disparition dans le corps de la femme est dès lors écarté parce que « isohoka neza » c’est-à-dire qu’il se retire aisément.

 

  • Un autre avantage du préservatif féminin selon nos enquêtées est que le femidom ne sent pas mauvais. « Ntikanuka » disent-elles. C’est l’avis de 13 femmes, soit 4.86%. En effet, le polyuréthane est inodore.

 

7 enquêtées soit 2.62% ont apprécié le femidom en le comparant au condom. Ainsi, disent-elles, le femidom est plus large que le condom. Les propos de nos enquêtées en disent long « Karagukira umugabo gusumba ak’abagabo » c’est-à-dire le partenaire est plus à l’aise dans le femidom que dans le condom. En effet, le femidom n’est pas étroit et ne serre pas. Sa taille est suffisante pour laisser le pénis libre.

 

Pour 6 femmes soit 2.24%, c’est un avantage que le femidom n’est pas à usage unique, indiquant par là qu’on peut s’en servir plus d’une fois  avant qu’il ne soit retiré. Les informations en notre possession montrent que le dispositif à usage unique n’est pas biodégradable.

Toutefois, à ce sujet, selon ONUSIDA (avril 1997), on recommande actuellement l’usage unique en attendant les résultats des études qui ont porté sur l’évaluation de la possibilité et de la sécurité de la réutilisation.

 

 

11 enquêtées soit 4,11% ont trouvé le femidom très facile à utiliser. C’est ce qu’elles expriment par :

 

-         Karoroshe gukoresha c’est-à-dire le femidom est facile à utiliser.

-         Nta mwanya umugabo ata c’est-à-dire le partenaire ne perd pas de temps.

 

En effet, comme il peut être inséré à l’avance, il n’interrompt donc pas les rapports sexuels contrairement au préservatif masculin qui ne peut se mettre que lorsque l’organe mâle est en érection.

 

 

 

 

B. Les inconvénients liés au femidom.

 

Le femidom n’est pas apprécié pour différentes raisons.

 

TABLEAU 15 : Répartition des réponses  quant aux inconvénients du femidom.

 

Réponses

Fréquences

Pourcentage

L’insertion du femidom est difficile

55

20.59

Les anneaux du femidom gênent le partenaire

55

20.59

La contrainte de soutenir le femidom pendant le rapport

15

5.61

Le femidom n’est pas pratique pour les techniques « Ruganga » et « Kunyonga »

12

4.49

Le femidom fait trop de bruit

10

3.74

Le femidom est large

5

1.87

Le femidom est long

5

1.87

Le femidom diminue le plaisir sexuel chez les partenaires

9

3.37

Le femidom nécessite les négociations préalables entre partenaires

5

1.87

Le femidom porte atteinte à la pudeur et aux mœurs

3

1.12

Le femidom occasionne le dessèchement chez la femme

1

0.37

Le femidom gène le cerveau des jeunes

1

0.37

Le femidom est irritant à la longue

1

0.37

 

Cinquante cinq enquêtées, soit 20,59 % disent que l’insertion du femidom est difficile pendant que 55 autres évoquent avoir des problèmes en rapport avec les anneaux. Les propos de nos enquêtées sont par exemple « iragoye kwinjiza » c’est-à-dire il est difficile à insérer. Le produit étant nouveau, il est normal que les utilisatrices du femidom éprouvent des difficultés.

 

L’introduction d’un produit nouveau comme le femidom nécessite des séances préalables d’information et de démonstration surtout que les bénéficiaires ignorent en grande majorité leur anatomie, d’où la difficulté d’insertion.

 

 

En ce qui concerne les anneaux, nos enquêtées rapportent ce qui suit :

 

-         « Umugabo arumva karya ka anneau k’imbere » c’est-à-dire le partenaire ressent l’anneau interne ;

-         « Anneau y’imbere irateye ubwoba »  c’est-à-dire l’anneau interne fait peur ;

-         « Ndikanga ko karya ka anneau k’imbere kamperamwo igihe kotabuka » c’est-à-dire je crains que l’anneau interne disparaisse dans le vagin en cas de déchirure du femidom

-         « Ndikanga ko anneau y’imbere yohengama hanyuma  bigatera ingorane » c’est-à-dire j’ai peur que l’anneau interne change de position et occasionne des problèmes.

-         « « Karababaza » c’est à c’est-à-dire le femidom fait mal

-         « Kirya gi plastique, imiringa hirya no hino » qui se traduit par ce plastic avec des anneaux aux deux bouts

-         « irya anneau y’imbere iratera ubuyega » ce qui signifie l’anneau interne du femidom chatouille.

 

  • On voit que les anneaux du femidom sont beaucoup redoutés par nos enquêtées. Pourtant cet anneau interne qui fait tant peur est censé faciliter l’insertion  du femidom et aider à le maintenir en place.

 

En outre, 14 enquêtées désapprécient le femidom parce que disent-elles, elles doivent soutenir le femidom pendant les rapports. On pourrait rattacher cette préoccupation à la crainte que l’on vient de constater que les anneaux puissent rester dans leur corps.

 

Il y a 12 enquêtées qui n’ont pas aimé le femidom pour la simple raison qu’il interfère avec certaines techniques sexuelles comme la technique « Ruganga » et la technique de balancement « Kunyonga ibisusu ».

 

En effet, quoique le femidom soit large, l’organe mâle n’est pas libre pour effectuer les mouvements liés à la technique « Ruganga ».

 

10 autres enquêtées désapprouvent le femidom à cause du bruit qu’il fait. Elles le disent en ces termes « Karavuza urwamo ».

 

  • Le constat est que les perceptions des enquêtées à l’égard du femidom sont différentes. En effet, pour certaines de nos enquêtées, le bruit est considéré comme source du plaisir sexuel alors que pour d’autres il gêne plutôt les rapports sexuels.

 

10 femmes enquêtées désapprouvent le femidom soit parce qu' il est large (5) ou alors qu’il est long(5). Nous rappelons à ce sujet que le femidom mesure 17 cm de long, 0,42-0,53 mm d’épaisseur et 7,8 cm dans son diamètre le plus large. Ces dimensions peuvent paraître gênantes pour certaines.

 

Nous avons 9 femmes qui avouent que l’utilisation du femidom diminue le plaisir sexuel chez les partenaires.

On pourrait se poser la question de savoir si c’est réellement le femidom qui gêne ou diminue le plaisir sexuel ou si ce ne serait pas un inconfort émotionnel lié à la sensation  qu’il y a un objet intermédiaire entre les partenaires.

 

5 femmes désapprouvent le femidom parce qu’il requiert l’accord du partenaire.

C’est ce qu’elles expriment par « umugenzi wanje ntiyakunze ko tuyikoresha », ce qui veut dire  mon partenaire n’a pas voulu qu’on s’en serve.

« isaba ko mubanza kwumvikana n’uwo mubikorana »

 

 

 

 

c’est-à-dire : il nécessite des négociations préalables entre partenaires. Ou encore « abagabo sinzi ko bayanka bose » c’est-à-dire je ne sais pas si tous les hommes détestent le femidom. Effectivement, la femme a beau préférer l’utilisation du femidom, mais pour autant que le partenaire ne l’apprécie pas, elle ne pourra pas y recourir.

 

Pour 3 femmes, le femidom porte atteinte à la pudeur et aux mœurs. Elles l’expriment comme suit :

 

-         « Ni uguta imico kama » ce qui signifie c’est le rejet des valeurs socio culturelles.

-         « Umugabo aca araba ingene ukambara » c’est-à-dire que le partenaire est curieux de voir comment tu mets le femidom

-         « Karateye isoni kwambara imbere y’umugabo » cela veut dire que l’insertion en présence du partenaire fait honte.

 

  • Pour ces femmes, l’insertion du femidom viole leurs habitudes et leurs mœurs. En effet, ce n’est pas dans leurs habitudes de palper et de toucher les parties génitales.

 

D’autres réponses en défaveur du femidom sont évoquées chaque fois par une enquêtée. Ce sont des réponses comme :

-         « Katumye numa cane »

c’est-à-dire le femidom a occasionné le dessèchement du vagin.

-         Femidom « irashusha umutwe w’aba jeunes » c’est-à-dire l’utilisation du femidom génère un stress chez les jeunes.

-         Le femidom est irritant à la longue.

 

  • En fin de compte, les avantages sont liés à l’aspect physique du femidom mais aussi au confort émotionnel qu’il occasionne.

Quant aux inconvénients, ils sont eux aussi liés à l’aspect physique du femidom, à l’inconfort émotionnel mais aussi à l’incertitude et au manque de confiance à l’égard du nouveau produit. 

 

  • Les femmes ont eu un sentiment ambivalent à l’égard du préservatif féminin. Elles n’ont pas aimé sa taille et sa forme et elles se sont plaintes de son manque de confort pendant son utilisation et du fait qu’elles ne pouvaient pas l’utiliser secrètement.
  • Une autre raison et non des moindres de l’acceptabilité du femidom est liée à l’attitude du partenaire. La femme a encore du chemin à parcourir pour pouvoir avoir un contrôle sur sa santé sexuelle.

 

Néanmoins, les caractéristiques du femidom sont perçues différemment par nos enquêtées. C’est le cas du lubrifiant, de la longueur et même de la largeur. Ces éléments sont des qualités pour certaines et des défauts pour d’autres.

 

 

 

III.2.2.6. La pertinence du femidom.

 

Nous avons aussi cherché à savoir si nos enquêtées voient une quelconque pertinence du femidom sur le marché burundais.

 

La question était ainsi libellée :« Trouvez-vous que le femidom est venu au moment opportun ? »

 

Cette question a concerné toutes les femmes qui avaient accepté de participer à l’étude.

 

TABLEAU  16 :  Répartition des réponses sur la nécessité du femidom.

 

Réponse

Fréquences

Pourcentage

Oui

279

87,18

Non

5

1,56

Non réponse

36

11,25

 

La lecture de ce tableau montre que seules 5 femmes sur 320 soit 1,56% ne voient pas de pertinence  du femidom, alors que la majorité  c’est-à-dire 279 femmes sur 320 soit 87,18% considèrent que le femidom est vraiment nécesaire. Les raisons qu’elles avancent  sont consignées dans le tableau n°17.

 

TABLEAU 17 : Pourquoi le femidom est-il nécessaire ?

 

 Raisons

Fréquences

Pourcentage

Autonomie et contrôle de la femme dans la protection

 

212

 

75,97

Le femidom est un préservatif supplémentaire

31

11,11

Le femidom est utile pour les femmes à partenaires multiples

13

4,65

Le femidom aide les femmes qui ne supportent pas  les autres méthodes contraceptives

10

3,58

Le femidom libère les hommes de l’utilisation du préservatif masculin

13

4,65

 

 

 

 

 

Pour 212 femmes  sur les 279 qui voient la pertinence du femidom soit 75,97%, le femidom assure à la femme  l’autonomie  et le contrôle dans sa protection. On peut lire cela dans leur propos :

 

«  Umugore niwe akiyambarira kandi akakicungira » ce qui veut dire que c’est la femme qui porte le femidom et en assure le contrôle.

 

« Irafasha abagore mu gihe abagabo bibagira capote canke baborewe » c’est-à-dire le femidom est utile  en cas d’oubli  du préservatif masculin ou alors d’ivresse.

 

« Abakobwa bagatwara muri soirée dansante » c’est-à-dire les jeunes filles peuvent insérer le femidom avant d’aller dans les soirées dansantes.

 

« Abagabo hari aho banka gukoresha kapote » c’est-à-dire les hommes sont parfois réticents  à mettre le préservatif masculin.

 

« Ak’abagabo nigato uguma wikeka ko imbuto zinjira mu mukenyezi »  c’est-à-dire  « Le préservatif masculin est étroit et on a toujours peur que les spermes pénètrent dans le corps de la femmes » Elles n’auraient donc pas confiance totale dans le préservatif masculin.

 

Certaines femmes (31/279 soit 11,11%) considèrent le femidom comme  un préservatif supplémentaire. C’est ce qu’elles expriment par :

 

«kaje kwunganira ak’abagabo » , c’est à  dire  que le femidom est venu s’ajouter au préservatif masculin et pallier aux insuffisances  de ce dernier.

Pour 13 femmes soit 4,65%, le femidom est pertinent  parce qu’il libère les hommes de l’utilisation du préservatif  masculin. C’est qu’elles disent dans les termes suivants :

« kararuhurira abagabo kwama bakoresha kapote »

ou encore

« abagabo baragorana ngo ubambike ak’abo » c’est-à-dire que le partenaire exige que la femme l’aide à mettre le condom.

13 autres femmes  soit 4,65% estiment que le femidom  est utile pour les femmes à partenaires multiples. Ainsi, disent-elles, « ni nziza ufise umugabo w’i piquet ». Ce qui signifie « le femidom est bon pour une femme qui a un amant »

Selon 10 femmes, le femidom aide les femmes qui ne supportent pas les autres méthodes contraceptives comme les injections ou les pilules.

 

En fin de compte, le préservatif féminin offre aux femmes un nouveau choix supplémentaire important, en ce qui concerne sa protection.

Et dans l’éventail des méthodes de prévention et même de contraception, le femidom est la seule méthode qui protège à la fois contre les IST/VIH et les grossesses non désirée et dont elles peuvent assurer le contrôle.

 

 

 

 

Quant aux  5  femmes enquêtées soit 1,56 % qui ne voient pas de pertinence  du femidom, elles  avancent des raisons qu’on lit ici :

-         « kapote  irakwiye » c’est-à-dire le condom suffit,

-         « ntikoroshe gukoresha ku bagabo benshi » c’est –à-dire il n’est pas  pratique pour les femmes à partenaires multiples

-         « ntawuzi ko abagabo bazogikunda » c’est-à-dire on n’est pas sûr  que les hommes l’accepteront.

 

En analysant ces propos, on pourrait dire que les femmes ne doutent pas  de la  pertinence du femidom, seulement elles craignent  que les partenaires  s’y opposent  parce que  finalement tout repose sur  le bon vouloir  du partenaire  comme elles mêmes le soulignent :

 

« Umugabo yambwiye ngo sinze nsubire gukoresha ibintu atazi iyo biva, nca ndagakuramwo »

Mon mari m’a recommandée de ne plus utiliser des choses dont il ignore  la provenance et j’ai retiré le femidom.

 

« Umugabo yaciye ambwira ngo ndayikuremwo ataraheza ».

Mon mari m’a intimé l’ordre de sortir le femidom avant qu’il n’ait  terminé.

 

Sur les 5 femmes qui ne trouvent pas le femidom nécessaire, 3 évoquent que celui-ci n’est pas pratique pour les femmes à partenaires multiples.

Comme dit avant, l’autonomie de la femme  est  encore relative, ce qui atteste que la coopération des partenaires  est toujours nécessaire,  puisqu’il s’agit d’une relation à deux.

 

La pertinence du femidom est beaucoup plus perçue par les femmes mariées, 132 sur 279 soit 47,31% que celles des autres  catégories. Pendant que les premières perçoivent  le danger des IST/VIH, les secondes mettent en avant l’aspect des finances qui risquent d’être réduites en cas d’utilisation du préservatif quel qu’il soit.

 

 

III.2.2.7. Réactions du partenaire à l’utilisation du femidom.

 

Nous avons cherché à cerner  la réaction du partenaire à l’égard  de l’utilisation du femidom. Nous avons au préalable demandé si nos enquêtées avaient informé leurs partenaires sur l’utilisation du femidom. La question a été libellée comme suit : Est-ce que le partenaire était informé avant l’usage du femidom ?

 

TABLEAU 18 :  Information préalable du partenaire.

 

 

Réponses

Fréquences

Pourcentage

Oui

222

83,15

Non

45

16,85

Total

267

100

 

La majorité des enquêtées soit 83,15% avaient informé ou négocié avec leurs partenaires sur l’usage du femidom pour leurs relations sexuelles.

 

Sur 267 femmes qui ont utilisé le femidom, 222 avaient avisé le partenaire et 45 ne l’avaient pas fait, craignant le refus éventuel  du partenaire.

Pour celles qui ont avisé, nous  avons voulu cerner la réaction de leurs partenaires.

 

TABLEAU 19 :  Réactions du partenaire

 

 

Fréquence

Pourcentage

Il a aimé

193

86,93

Il a été curieux

31

13,96

Il a été réticent

22

9,90

Il n’a pas aimé

15

6,75

Il s’en est moqué

5

2,25

 

Comme le tableau l’indique, la majorité des partenaires  soit 86,93% ont aimé utiliser le femidom.  C’est ce qu’on lit à travers leurs propos : « Yavyakiriye neza kuko wewe ntakunda kwambara kapote. Avuga ko kamutera ubuyega. Yaciye ambwira ngo nimba mbona ko nshobora kwambara femidom ko ata ngorane

 

Ce qui veut dire :

« il l’a bien reçu parce que lui n’aime pas mettre le condom, parce que ce dernier le chatouille. Il m’a alors dit que si je ne vois pas d’inconvénients à mettre le femidom, qu’il n’y voyait pas de problème».

 

«Jewe nabonye asa n’uwabishimye» c’est-à-dire j’ai eu l’impression qu’il a aimé ça.

Yarabishimye, yavyakiriye neza kuko yari asanzwe akoresha agakingirizo k’’abagabo c’est-à-dire il l’a bien reçu parce qu’il utilisait habituellement le préservatif masculin.

 

“Ko agiye yaruhuka kapote” qu’il est enfin libéré du préservatif masculin.

kuva tumenye ko turwaye, umugabo yavyakiriye neza kugira ntitwongereze indwara“ depuis que nous sommes informés de notre sérologie positive, mon mari a bien accepté le femidom qui nous épargne la surinfection.

 

La réaction positive  des partenaires montre que  ceux –ci sont déjà sensibilisés sur le bien fondé des rapports sexuels  protégés. C’est le cas notamment  des usagers habituels  du préservatif masculin. Ils sont dès lors  réconfortés que le femidom puisse  assurer la double protection contre les IST/HIV et les grossesses non désirées.

 

31 enquêtées soit 13,96%  rapportent  que le partenaire a été curieux. Elles l’expriment dans les propos suivants :

 

« yashatse kuraba ivyarivyo » c’est-à-dire il a voulu l’essayer

 

« yantegetse kuyambara abona » c’est-à-dire  il m’a demandé de  l’insérer en sa présence.

 

Cette curiosité  est tout à fait normale du moment que les partenaires ne savaient rien du nouveau produit.

 

22 enquêtées quant à elles c’est-à-dire 9,90% disent que leurs partenaires  ont été réticents. C’est ce qu’elles expriment par : 

 

« Umugabo yambwiye ko ndamugoye », mon mari m’a dit que je lui demande trop.

« Yaremeranye avuga ngo : ni hagira ikigenda nabi urimenya » c’est-à-dire, il a accepté contre son gré et m’a dit « s’il arrive quelque chose de mal tu en seras responsable ».

« Yaravyanse ubwambere, mugabo yatevye avyemera » c’est-à-dire, il n’a pas aimé au début, mais il a fini par accepter.

 

Encore une fois, cette réticence serait compréhensible parce que le  produit nouveau suscite  de l’incertitude, voire de l’inquiétude. Par ailleurs les hommes sont habitués à décider  en matière des relations  sexuelles  et même de la protection.

 

Pour  20 enquêtées, les partenaires  n’ont pas aimé utiliser  le femidom et s’en sont moqués. Tantôt c’étaient des réponses traduisant un refus catégorique comme « yaravyanse » tantôt des réponses ironiques  comme « abagore mwateye imbere » c’est-à-dire les femmes, vous avez évolué.

 

Il y a lieu de constater  que l’utilisation du préservatif féminin exige  toujours le bon vouloir du partenaire.

 

III.2.2.8. Modifications des relations socio affectives entre les partenaires

 

Ce point explore les modifications éventuelles dans les relations entre les partenaires depuis  que la femme a choisi  d’utiliser  le préservatif féminin. Les réponses de nos enquêtées sont alors les suivantes :

 

TABLEAU 20 :  Modification des relations avec le partenaire.

 

Réponses

fréquence

Pourcentage

Rien n’a changé

213

79,77

Amélioration  des relations

31

11,61

Manque de confiance

22

8,23

 

La lecture du tableau montre  que pour 213 femmes enquêtées  soit 79,77%, l’utilisation du femidom n’a pas occasionné  de changement  dans les relations  entre les partenaires.

 

 

 

 

31 femmes enquêtées soit 11,61% attestent que les relations avec leurs partenaires se sont  améliorées. Par contre, pour 22 enquêtées soit 8,23%, l’utilisation  du femidom a été l’origine  des disputes  et du manque de confiance. C’est ce qu’elles expriment  dans ces  propos « Twarashwanye » c’est-à-dire, nous nous sommes querellés ou encore « None ga ndagusangiye na nde ? » c’est-à-dire, dis-moi à qui d’autres tu appartiens.

 

III.2.2.9. Préférence entre le préservatif féminin et le préservatif masculin.

 

Nous avons déjà vu que le femidom est un mode supplémentaire de prévention et de protection contre les IST/VIH et les grossesses non désirées. Nous avons demandé à nos enquêtées de s’exprimer sur leurs préférences quant au choix entre le femidom et le préservatif masculin.

 

Les réponses sont réparties comme suit :

 

TABLEAU 21 :  Préférence entre les  préservatifs féminins et/ou masculins

 

Réponse

Fréquences

Pourcentage

Le préservatif féminin

203

63,43

Le préservatif masculin

33

10,31

Les deux

40

12,50

Ni l’un ni l’autre

4

1,25

Pas de comparaison

2

0,62

 

A. Préférences pour le femidom

 

L’analyse du tableau ci-haut montre que 203 enquêtées soit 63,43% préfèrent le femidom au condom pour des raisons diverses et déjà évoquées. Ainsi, selon nos enquêtées, le femidom est préféré parce qu’il :

- protège les prostituées ;

- pallie à la réticence des hommes à mettre le condom ;

- est un contraceptif sûr ;

- rassure la femme de sa protection ;

- assure l’autonomie de la femme dans sa protection ;

- peut s’utiliser à l’insu du partenaire.

 

    • Ce genre de propos illustre que le choix du femidom est motivé par la quête de l’autonomie de la femme en ce qui concerne sa protection

 

En outre, nos enquêtées avancent que :

 

-         Le femidom a une texture douce

-         Le femidom ne sent pas mauvais

-         Le femidom est assez large

-         Le femidom est plus solide que le condom

-         Le femidom est plus lubrifié que le condom

 

 

·        Ce sont des propos qui justifient la préférence du femidom au condom eu égard à l’aspect physique du préservatif féminin.

 

De plus, nos enquêtées évoquent  que :

 

-         Le femidom ne peut pas rester dans le vagin

-         Le femidom est relaxe

-         Le femidom ne fait pas mal

 

 

·        Ces propos quant à eux sont liés au confort émotionnel qui accompagne les rapports sexuels faits avec le femidom.

 

 

Enfin, il y a des femmes qui préfèrent le femidom sur le condom parce que :

 

-         Le femidom augmente le liquide vaginal

-         Le femidom augmente la chaleur

-         Il y a possibilité de faire plusieurs coups dans un même femidom.

 

 

·        Ces propos montrent que le femidom facilite et agrémente les rapports sexuels.

 

B. Préférences pour le condom.

 

Les 33 femmes enquêtées soit 10,31% qui préfèrent le préservatif masculin au femidom avancent les arguments ci-après :

 

-         le condom est facile à utiliser

-         on peut utiliser toutes les techniques voulues

-         on est habitué à utiliser le condom

-         le partenaire n’aime pas le femidom

-         le femidom est trop large

-         le femidom n’est pas pratique pour les prostituées

 

 

·        Il y a lieu de constater que les préférences pour le préservatif masculin sont liées soit à la routine soit à la dimension pratique du condom mais aussi au choix du partenaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

C.  L’un ou l’autre préservatif.

 

Il y a 40 enquêtées soit 12,5% pour qui les 2 préservatifs s’équivalent. Pour elles,

 

-         Les deux protègent

-         L’essentiel est d’éviter les rapports sexuels non protégés.

-         On s’entendrait sur le préservatif à utiliser

-         Tout repose sur le choix du partenaire

 

 

 

D. Ni  l’un ni l’autre.

 

4 femmes enquêtées  soit 1,25% rejettent l’usage des préservatifs parce que disent-elles, « dans tous les cas, seul le partenaire éprouve du plaisir ».On signalerait toutefois que sans délaisser le plaisir et la satisfaction sexuels, le préservatif masculin ou féminin est avant tout un mode de protection.

 

E. Pas de comparaison.

 

Enfin, pour deux femmes enquêtées soit 0,62%, la comparaison n’a pas eu lieu parce que disent-elles le femidom est le seul préservatif qu’elles aient utilisé.

 

 

III.3. Résultats du deuxième passage.

 

         Nous avons envisagé un deuxième essai du femidom et avons à cet effet prévu ce que nous avons appelé un deuxième passage. Celui-ci avait pour objectif de valider les impressions du premier passage et de déceler les effets éventuels de l’habitude et de la familiarité avec le femidom.

 

         En effet, aujourd’hui la plupart des programmes suggèrent que les femmes essaient le préservatif féminin 3 fois avant de décider si oui ou non elles l’aimaient.

 

III.3.1. Les impressions sur le femidom.

 

         Sur 267 femmes attendues pour avoir fait le premier essai, 167 femmes seulement ont fait le deuxième passage, mais 145 de celles-ci soit 86.82% ont effectivement fait le deuxième essai du femidom et ont livré leurs impressions.

 

  • Les impressions positives demeurent et sont ressenties par la majorité des enquêtées. 124 enquêtées soit 85.51% ont trouvé le femidom confortable et lubrifié.
  • Les impressions qui étaient négatives ne le sont plus. Elles ont viré vers le positif. Ainsi, pour ces enquêtées,

-         l’insertion n’est plus difficile. Cela est ressenti par 39 enquêtées soit 26.89%.

-         le femidom ne fait plus peur c’est le cas pour 2 enquêtées soit 1.37%

-         On ne soutient plus le femidom pendant les rapports sexuels  cela est rapporté par 3 enquêtées soit 2.06%.

-         L’anneau ne chatouille plus selon 2 enquêtées soit 1.37%

 

  • Le constat est que nos enquêtées se sont habituées à l’utilisation du femidom qu’elles ont finalement aimé et en réclament la disponibilisation.

 

Il y en a quand même qui hésitent encore à utiliser le femidom, comme en témoignent certains de leurs propos :

 

«  Ndatinya » c’est-à-dire j’ai peur.

« Ndababara » c’est-à-dire j’ai mal.

 

 

III.3.2. Apports du femidom dans les relations sexuelles.

 

Les apports du femidom sont selon nos enquêtées :

 

-         L’augmentation du plaisir sexuel (48 enquêtées soit 33,10%)

-         Le femidom constitue un palliatif au dessèchement du vagin

    (5 enquêtées soit 3,44%). Ceci corrobore les résultats de l’étude menée en Grande Bretagne[3] selon lesquels le préservatif féminin peut aider les femmes qui ont des rapports sexuels douloureux en raison d’une sécheresse vaginale, particulièrement les femmes ménopausées.

 

III.3.3. La pertinence du femidom.

 

148 enquêtées sur 167 soit 88.62% sont convaincues de la pertinence du femidom. Les arguments évoqués tournent autour de l’autonomie de la femme et de la certitude de sa protection comme au premier passage ; c’est le cas pour 156 enquêtées sur 167 soit 93,41% ayant participé au deuxième passage.

 

III.3.4. Réactions du partenaire.

 

Avec le deuxième passage presque tous les partenaires ont accepté volontiers le femidom surtout que celui-ci  libère l’homme  de l’utilisation du préservatif masculin.

 

Néanmoins, les prostituées se plaignent de la menace de réduction du tarif lorsqu’elles utilisent le femidom.

 

 

III.3.5. Modification des relations avec le partenaire.

 

Pour 126 enquêtées soit 86,89% il n’y a pas eu de modification dans les relations avec les partenaires. Elles affirment que « rien n’a changé ».

Cependant, quelques enquêtées (5 sur 167 soit 3,44%) soulignent le manque de confiance de la part de leurs partenaires.

 

III.3.6 Préférence entre le femidom et le préservatif masculin.

 

Préférence pour le femidom.

 

Alors qu’au premier passage le femidom était préféré à 81,64%, avec le deuxième passage il l’est à 96,55%.

 

Par ailleurs, 23 femmes enquêtées  soit 15.86% utilisent indistinctement le femidom et le condom suivant le choix du partenaire. L’autonomie de la femme est certes hypothéquée mais l’essentiel reste les rapports sexuels protégés. Par ailleurs, le femidom n’a pas la prétention de supplanter le condom. Il se veut un mode de protection supplémentaire.

 

III.3.7. Contraintes liées au femidom.

 

Nous avons constaté que les perceptions à l’égard du femidom sont différentes chez nos enquêtées. Ainsi, même si précédemment on a vu que les impressions négatives ont changé avec le temps et l’habitude, certaines contraintes persistent. Nos enquêtées évoquent que :

 

-         Le femidom n’est pas pratique pour les prostituées (0.68%)

-         Le femidom fait du bruit (0.68%)

-         Le partenaire n’est pas satisfait (2.06%)

-         Le femidom est conditionné par l’acceptation du partenaire                (66,66%)

-         Le plaisir sexuel diminue chez la femme (9.6%

-         Le plaisir sexuel diminue chez l’homme (6.89%)

-         La peur durant tout le  rapport (2.75%)

-         Le femidom n’est pas pratique pour la technique « Ruganga »              (0.68%).

 

 


III.4 Synthèse des résultats et conclusion.

 

 

En commanditant cette étude, la SWAA/BURUNDI avait pour but de cerner le degré d’acceptabilité du préservatif féminin chez sa clientèle d’abord, mais aussi chez celle des institutions qui partagent le même objectif de la prévention contre le VIH/SIDA.

 

         La démarche méthodologique utilisée pour mener cette enquête a consisté dans la conception de l’instrument de collecte de données qui est l’interview semi-structurée, puis au testing de cet instrument avant la collecte des données proprement dite.

 

         Les résultats de l’enquête montrent que les femmes enquêtées ont des connaissances suffisantes quant aux moyens de prévention du VIH/SIDA.

Elles mettent en avant l’utilisation du préservatif (92%).

 

         Concernant l’acceptabilité du préservatif feminin, sur 320 femmes qui avaient accepté de participer à l’étude, 267 soit 83,43% ont essayé le femidom.

 

         Nos enquêtées qui ont utilisé le femidom ont révélé des impressions positives mais aussi des impressions négatives.

 

         Les impressions positives font du femidom un mode de protection supplémentaire qui présente des qualités évidentes :

 

Confortable (58.80%)

Lubrifié (4.86%).

Le femidom assure à la femme l’autonomie et le contrôle de sa protection.

En effet, le femidom est accepté par la majorité des enquêtées pour sa double protection à la fois contre les IST/VIH et les grossesses non désirées (51,68%)

 

Le femidom est accepté par nos enquêtées parce qu’il augmente le plaisir sexuel (38.57%).

 

     En fin de compte, les avantages du préservatif féminin sont liés à l’aspect physique du femidom mais aussi au confort émotionnel qu’il occasionne.

 

     Les impressions négatives quant à elles sont liées à l’utilisation difficile, à l’insatisfaction du partenaire mais aussi au stress et inconfort émotionnel ressenti par les partenaires. Ainsi, selon nos enquêtées,

 

 

 

 

 

 

 

 Le femidom est difficile à insérer (20.59%)

 Les anneaux du femidom gênent (20.59%)

 La contrainte de soutenir le femidom pendant le rapport (5.61%)

 Le femidom n’est pas pratique pour certaines techniques sexuelles (4.49%)

 Le femidom est inconfortable pour le partenaire (2.61%)

 La femme pense incessamment au femidom qu’elle porte (4.86%)

 

Il y a lieu de constater que les inconvénients du femidom sont également liés à son aspect physique mais aussi à l’incertitude et au manque de confiance à l’égard du nouveau produit. Néanmoins, cela n’est pas le cas de beaucoup de femmes. Par ailleurs, les résultats du deuxième passage montrent que l’aisance dans l’utilisation du femidom et la satisfaction tendent à augmenter avec la pratique.

 

         Les attitudes de nos enquêtées à l’égard du femidom sont différentes. Ainsi, certaines caractéristiques du femidom sont pour nos enquêtées tantôt des qualités tantôt des défauts. C’est le cas du lubrifiant, de la longueur et même de la largeur du femidom.

 

         Par ailleurs, l’attitude du partenaire est déterminante dans l’acceptabilité du femidom. Les attitudes des hommes sont quant à elles ambivalentes. Il y en a qui déclarent être soulagés parce que le femidom les libère du préservatif masculin, pendant que d’autres tiennent de propos teintes d’ironie quand ils disent que « les femmes ont évolué ». D’autre part, certains hommes ne sont pas confiants dans le femidom et s’inquiètent des effets secondaires qu’il provoquerait.

 

L’utilisation du femidom requiert des négociations préalables entre les partenaires, ce qui hypothèque, en fin de compte, le pouvoir de décision de la femme en matière des rapports sexuels. Toutefois, la femme peut se réjouir que la gamme des méthodes de prévention se soit étendue et que le femidom en est une qu’elle peut contrôler et insérer elle-même avant le rapport sexuel.

 

Les résultats de notre étude ne s’éloignent pas de ceux des études réalisées dans d’autres pays comme en Ouganda, au Zimbabwe et en Afrique du Sud qui soulignent le fait qu’un nombre significatif d’hommes et de femmes ont trouvé le préservatif féminin  comme  étant une méthode satisfaisante.

 

Le Femidom que l’on souhaite introduire au Burundi présente des avantages certes,mais aussi des inconvénients liés à son utilisation et éventuellement à son coût. En effet, le femidom est un préservatif relativement cher comparativement au préservatif masculin. Son emploi présente un certain nombre d’inconvénients (maniement peu aisé, manque de connaissance de l’anatomie des organes  génitaux de la femme) ; bref,  son utilisation rencontre des réticences qui limitent son acceptation.

 

 

 

 

 

 

 

III.5. Recommandations.

 

L’étude sur l’acceptabilité du préservatif féminin vient de révéler que celui-ci est accepté par nos enquêtées comme une méthode satisfaisante de prévention des IST/VIH et des grossesses non désirées.

Cependant, cette acceptabilité est sujette à des conditions comme la disponibilisation du produit, le moment correct du dispositif et le bon vouloir du partenaire.

 

Pour toutes ces raisons, nous proposons des recommandations ci-après :

 

1)     Les résultats de l’étude montrent que le préservatif feminin fait l’objet d’une forte demande par les enquêtées. Dès lors les services habilités rendraient un grand service aux femmes et à l’humanité entière en disponibilisant les préservatifs féminins, ne fut-ce qu’à un prix modique parce que, le pouvoir d’achat des burundaises n’est pas élevé.

 

2)     La promotion du préservatif feminin passerait par une large diffusion auprès des différents publics.

 

 

3)     Les enquêtées se sont plaintes de la difficulté liée à l’utilisation du femidom. Or, c’est en faisant que l’on apprend comme en témoignent les résultats du 2ème passage. Il faudrait mener des actions d’éducation et d’information sur l’utilisation correcte du femidom.

 

4)     Des séances de formation et d’information des usagers du préservatif féminin avec du matériel d’information adéquat contribueraient à l’utilisation satisfaisante de la méthode.

 

5)     Les personnels chargés du counselling à la SWAA/BURUNDI et à l’ABUBEF devraient eux aussi bénéficier au préalable d’une formation sur le dispositif et son utilisation afin d’aider efficacement leur clientèle.

 

 

6)     La promotion du femidom devrait tenir compte des attitudes des partenaires, par conséquent l’utilisation du femidom nécessite une sensibilisation préalable des partenaires.

 

 

7)     L’utilisation du femidom implique deux partenaires. Or, l’étude qui vient d’être menée n’a concerné que les femmes qui elles aussi constituent une catégorie particulière, qui n’est par conséquent pas représentative de la population burundaise. Elle nécessite de ce fait, une étude complémentaire d’envergure nationale et qui toucherait aussi bien les femmes que les hommes.

 

 

 

Références bibliographiques

 

1.     FESTINGER, L. et KATZ, D. , les méthodes de recherche dans les sciences sociales, PUF, Paris, 1974.

 

2.     GODIN, G., « la promotion de la santé : concepts et stratégies d’action » in santé société, collection promotion de la santé, V8,2., Ministère de la santé et des services sociaux, Gouvernement du Québec, 1988.

 

3.     OMS-ONUSIDA, le préservatif féminin. Dossier d’information, avril 1997

4.     ONUSIDA, Le préservatif féminin et le sida, Avril,1997.

 

5.     ONUSIDA, Le préservatif féminin : Un guide pour la planification et l’implantation des programmes, document de synthèse, Décembre 1999.

 

6.     POOL, R., L’acceptabilité du préservatif féminin et des produits spermicides vaginaux en Ouganda.

 

7.     UNAIDS, Launching and Promoting the female condom in Eastern and southern Africa, may 1999.

 

8.     WHO/RHR-UNAIDS, The female condom : A guide for planning and programming, 2000.

 


ANNEXE 1 : GUIDE D’ENTRETIEN.

 

Premier passage

 

I.Identification du répondant

 

1.     Association:

·            ABUBEF

·            ANSS

·            IVURIRO RYA LETA

·            SWAA

 

  1. Province

 

  • BUJUMBURA Mairie
  • GITEGA
  • MUYINGA
  • NGOZI
  • RUYIGI

 

  1. Caractéristique du  répondant

     

  • Age             ………../……../19..

 

·        Colline/quartier

 

  • Etat matrimonial

 


-         Mariée

 


-         Célibataire

 


-         Veuve

 


-         Divorcée

 


-         Autre                    Expliquer

                                                  

 

·             Etude faite :

 


-         Ecole primaire

 

 

-         Ecole secondaire

 


-         Enseignement supérieur

 


-         Etudes universitaires

 


-         Sans formation

 

 

·        Profession :

 

                  -  Elève/Etudiante

 

-         Cultivatrice

 


                -   Commerçante

 


-         Employée du bureau

 

-         Infirmière

 

-         Enseignante

 


-         Ménagère

 

 

·        Confession religieuse

 


-         Catholique

 

-         Protestante

 

-         Islam

 

 

-         Autres

 


 

II. Préambule

 

Vous êtes parmi les premières femmes qui ont souhaité utiliser le préservatif féminin ici au Burundi.

 

Nous allons vous montrer et vous expliquer comment l’utiliser après quoi nous allons vous en donner quelques-uns à emporter à la maison.

 

Nous voudrions qu’après utilisation, vous reveniez nous dire ce que vous avez aimé et ce que vous n’avez pas aimé du préservatif féminin.

 

Nous vous garantissons la confidentialité de nos entretiens. Personne d’autre ne pourra y avoir accès.

 

Nous vous garantissons également l’anonymat car nous n’allons même pas mettre votre nom, mais simplement un numéro pour qu’à votre retour nous puissions retrouver votre fiche.

 

Vos observations serviront à beaucoup de Burundais et de Burundaises.

 

 

III. CONNAISSANCE GENERALES SUR LE SIDA

 

1. Dites les moyens de lutte contre le sida que vous connaissez

 


Abstinence

 


Eviter le vagabondage sexuel

 


Eviter les objets tranchants

 


Eviter de concevoir en cas d’infection à VIH/SIDA

 


Le préservatif

 


Autres                                               Expliquez

 

 

2. Avez-vous fait des relations sexuelles au courant de la semaine écoulée[4]

 


a) Oui                                      Non

                                                          

 


b) Combien de fois                    Avec combien de partenaires ?

                                  

c) Que s’est-il passé

 

 

d) Si non, quelle est la fréquence hebdomadaire de vos relations sexuelles ?

 

Avec combien de partenaires ?

 

3. Dans vos relations sexuelles, vous arrive-t-il d’utiliser un préservatif ?

 


Oui                                 Non

                                              

 

               

I.                    QUESTIONS RELATIVES AU FEMIDOM

 

4. Vous avez eu un préservatif feminin dénommé Femidom, l’avez-vous déjà utilisé ?

 

 

Oui                                 Non

                                              

 

5. Si vous l’avez utilisé, quelles sont vos impressions ?

 

 

6. Si vous ne l’avez pas encore utilisé, quelles en sont les raisons ?

 

 

7. A quel moment avez-vous mis le femidom ?

 

 

8. Est-ce que le femidom augmente ou alors diminue quelque chose dans les rapports  

    sexuels ?

 

 


Oui                                          Non

                                                          

 

Expliquez votre réponse

 

 

 

9. Qu’est-ce que vous avez aimé du femidom?

 

 

10. Qu’est-ce que vous n’avez pas aimé du femidom ?

 

11. Est-ce que le FEMIDOM est venu au moment opportun ?

 

 

 

 

 

 

12. Avez-vous informé votre partenaire au préalable que vous utilisiez le femidom?[5]

 

Oui                                 Non

                                              

 

Si oui, quelle a été sa réaction ?

 

Si non, quelles en sont les raisons ?

 

 

13.  Est-ce que l’utilisation du femidom a modifié de quelques façon vos relations avec  

      votre partenaire ?

 

14.   En cas d’utilisation du préservatif, préférez vous le femidom ou le préservatif

       masculin ?

 

Le préservatif féminin

 

Le préservatif masculin

 

 

 

Je vous remercie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE 2 : GUIDE D’ENTRETIEN EN KIRUNDI

 

 

 

I. IBIRANGA UWISHURA 

 

1. Ishirahamwe :

·            ABUBEF

·            ANSS

·            IVURIRO RYA LETA

·            SWAA

 

2. Intara

 

  • BUJUMBURA Mairie
  • GITEGA
  • MUYINGA
  • NGOZI
  • RUYIGI

 

3. UWISHURA                

 

A. Imyaka                  ………../……../19

 

B. Aho aba (colline/quartier)

 

   

C. Arubatse canke ntiyubatse

 

  • Arubatse

 


  • Ntiyubatse

 


  • Inkumi

 


    Umupfakazi

 

        

  • Yarahukanye

 

 


  • Ibindi :                            Sigura

 

 

 

 

 

 

D.  Amashure yiwe

 

 

  • Ntiyize

   

 


  • Amashure mato

 


  • Amashure yisumbuye

 

 

  • Kaminuza

 

 

 

E. Ico akora :

 

                  

-         Umunyeshure

 

                  

-         Umurimyi

 

 


-         Umudandaji

 

 


-         Umukozi mu biro

 

                   Umuvuzi

 

                  

-         Umwigisha

 


-         Atunganya ivyo mu rugo

 

F. Idini

 


-         Gatorika

 

                   Umuporoti

 


-         Islam

 

-         Iyindi

 

 

II. INTANGAMARARA           

 

Mwebwe muri mu bantu bambere bifuje gukoresha agakingirizo k’abakenyezi ngaha mu BURUNDI.

 

Turabasigurira, tubereke ingene gakoreshwa, twongere tubahe n’utwo mutahana.

 

Twifuza ko  nimwamara kuzikoresha muzogaruka mukatubwira ico mwashimye canke mwaneguye.

 

Ivyo tuzoyaga vyose bizoguma aribanga, ntawuzobisubiramwo.

 

Muvyotwandika vyose nta zina ryanyu rijamwo tubaha inomero gusa kugira mugarutse tuzoshobore gutora ifishe yanyu.

 

 

Ivyiyumviro vyanyu bizofasha abarundi benshi n’abarundikazi benshi.

 

 

III. IVYEREKEYE SIDA n’AMABANGA MPUZABITQINA CANKE AMABANGA Y’ABUBATSE.

 

1. Tubwire uburyo muzi bwo kwikingira SIDA :

 

 

Kwihangana

 

Kureka gushurashura

 

 

Kwirinda ibitobora uruhu

 

 

Kwirinda gusama imbanyi ufise umugera

 

 

Agafuko

 

Ibindi                                                   Sigura

 

2. Uravye muri iyindwi iheze, woba wararanguye amabanga mpuzabitsina (canke amabana y’abubatse)[6] ?

 


a) Ego                                                  Oya

 

                           

b) Wabigize kangahe ?                          n’abantu bangahe ?

 

 

 

 

c) Vyagenze Gute ?..................................

 

d) None iyo bitagenda gurtyo, usanzwe ubigira kangahe ?

 

n’abantu bangahe ?

 

3.    Mu kurangura amabanga y’abubatse (mpuzabitsina) hari aho bibashikira mugakoresha    agakingirizo ?

 

                           

Ego                                          Oya

 

 

 

II.                   IVYEREKEYE AGAKINGIRIZO K’ABAKENYEZI FEMIDOM

 

Wewe waronse agakingirizo k’abakenyezi kitwa FEMIDOM, none woba umaze kugakoresha ?

 

 


Ego                                          Oya

 

 

Niwaba waragakoresheje, ubivuze ko iki ?

 

 

Niwaba utaragakoreha, ni iki ca kubujije kugakoresha ?

 

 

Mbega ako gakingirizo FEMIDOM uraheza ukakambara ryari ?

 

 

FEMIDOM hari ico yongereza canke igabanya mu kurangura amabanga y’abubatse ?

 

 


Ego                                                      Oya

 

 

Sigura inyishu yawe

 

 

 

 

Ico washimye FEMIDOM ni igiki ?

 

 

Ico waneguye « FEMIDOM » ni igiki ?

 

 

Ubona FEMIDOM yaje bikenewe ?

 

 

 

 

 

Uwo mwaranguranye amabanga y’abubatse (mpuzabitsina) waramubwiye ko mwokoresha FEMIDOM ?[7]

 

 


Ego                                          Oya

 

Ni waba warabimubwiye yavyakiriye gute ?

 

 

Ni waba utabimubwiye hoba hari icabigutumye ?

 

 

 

 

Hari icahindutse mu mibano ya mwe n’umugenzi wawe kuva ukoresheje FEMIDOM ?

 

 

Uramutse ukoresheje agakingirizo, woshima ko mukoresha agakingirizo k’abakenyezi canke agakingirizo k’abagabo ?

 

Agakingirizo k’abakenyezi

 

 


Agakingirizo k’abagabo

 

 

Sigura inyishu yawe

 

 

 

MURAKOZE.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE 3 : GUIDE D’ENTRETIEN POUR LE DEUXIEME PASSAGE

 

 

Questions en rapport avec le préservatif féminin FEMIDOM

 

 

1) Avez-vous déjà utilisé les récents préservatifs que vous avez eus ?

 

 


Oui                                 Non

 

Si oui, quelles sont vos impressions là-dessus ?

 

Si non, quelles en sont les raisons ?

 

2) Cette fois-ci quel a été le moment de l’insertion ?

 

3) Est-ce que le femidom apporte ou alors diminue quelque chose dans les rapports

    sexuels ?

 


Oui                                 Non

 

 

Expliquez votre réponse.

 

 

4) Qu’est-ce que vous avez aimé du FEMIDOM ?

 

5) Qu’est-ce que vous n’avez pas aimé du FEMIDOM?

 

6) Est-ce que le femidom est venu au moment opportun?

 

Oui                                 Non

                                              

 

Expliquer votre réponse

 

7) Avez-vous informé au préalable votre partenaire que vous alliez utiliser le femidom?

 

 

 


Oui                                          Non

                                                          

 

 

Si oui, quelle a été sa réaction?

 

 

 

Si non, quelles en sont les raisons ?

 

 

8) Est-ce que l’utilisation du femidom a modifié de quelque façon vos relations avec

    votre partenaire?

 

 

 9)  En cas d’utilisation du préservatif, préféreriez-vous le femidom ou le préservatif

 masculin?

 

 

Le préservatif féminin

 

 


Le préservatif masculin

 

 

Expliquez votre réponse

 

 

 

 

JE VOUS REMERCIE


 

N° D4043

 
 


ANNEXE 4 : GUIDE D’ENTRETIEN POUR LE DEUXIEME PASSAGE EN KIRUNDI

 

 

I. IVYEREKEYE AGAKINGIRIZO K’ABAKENYEZI FEMIDOM

 

 

1 a)  Mbega twa dukingirizo waronka munyuma woba waradukoresheje ?

 

 


Ego                                         Oya

 

b) Ko wadukoresheje, utuvuzeko iki ?

 

c) Ko utadukoresheje, ni iki cabikubujije ?

 

2. Mbega ubu naho wakambaye ryari ?

 

3. FEMIDOM hari ico yongereza canke igabanya mu kurangura amabanga y’abubatse ?

 

                                     

Ego                                Oya

 

 

Sigura inyishu yawe

 

4. Ico washimye agakingirizo FEMIDOM ni igiki ?

 

5. Ico waneguye agakingirizo FEMIDOM ni igiki ?

 

6. Ubona agakingirizo FEMIDOM kaje bikenewe ?

 

                           

Ego                                Oya

 

 

Sigura inyishu yawe

 

7. a) Uwo mwaranguranye amabanga y’abubatse (mpuzabitsina)

       Waramubwiye ko mwokoresha agakingirizo FEMIDOM?

 

 

                                              

Ego                                          Oya

 

 

b) Ni waba warabimubwiye yavyakiriye gute?

 

c) Ni waba utabimubwiye hoba hari icabigutumye?

 

 

8. Hari icahindutse mu mibano ya mwe n’umugenzi wawe kuva ukoresheje FEMIDOM?

 

 

9. Uramutse ukoresheje agakingirizo, woshima ko mukoresha agakingirizo

    k’abakenyezi canke agakingirizo k’abagabo?

 

Agakingirizo k’abakenyezi

 

Agakingirizo k’abagabo

 

Sigura ingyishu yawe

 

 

 

 

MURAKOZE

 


ANNEXE 5 : Liste des enquêteurs

 

 

  1. Jérome NDERAGAKURA,           ABUBEF BUJUMBURA
  2. Rose  Simone NDAYIZIGA                   ABUBEF BUJUMBURA
  3. Suzanne BUZINGO                    SWAA/BURUNDI
  4. Dr Janvière NZORIJANA            SWAA/BURUNDI
  5. Adrie NYIRAMAJAMBERE           CMC/BUYENZI
  6. Diane MPINGANZIMA                SWAA/BURUNDI à NGOZI
  7. Concilie NDIKUMANA                ABUBEF NGOZI
  8. Générose NDAYIRUKIYE            Centre de Santé NGOZI
  9. Christine INAMAHORO              SWAA/BURUNDI à GITEGA
  10.  Pélagie NKURUNZIZA               SWAA/BURUNDI à MUYINGA
  11.  Jacqueline NDIKUMAGENGE      SAA/BURUNDI à RUYIGI

 

Comité de pilotage

 

  1. Dr RYANGUYENABI Maie claire            ABUBEF BUJUMBURA
  2. Dr Spès-Caritas NTABANGANA            FNUAP
  3. Dr Jeanine NTIBANYIHA                     ONUSIDA
  4. Joseph NIRUTANYA                                     PNSR
  5. Consolate NDUWARUGIRA                           SWAA/BURUNDI
  6. Dr Josée MBUZENAKAMWE                  ANSS
  7. Isabelle-Lise BAREMA                         SWAA/BURUNDI

 

 

 

L’équipe des consultants

 

Judith  NDAYIZEYE

Françoise BIGIRIMANA

Théodora NISABWE

 

Informaticien 

Audace NIYONGERE



[1] ONUSIDA, Avril 1997

[2] Méthodes de recherche en sciences sociales, P.U.F, Paris, 1974

[3]  ONUSIDA, Document synthèse, Décembre 1999

[4] Pour celle qui répond « Oui » posez-lui « b » et non « c » ni « d ». Celle qui répond « non » passez à « c » puis « d »

[5] Celle qui répond « qou » ne fait pas « c »

Celle qui répond « non » ne fait pas « b »

[6] Ku wishuye « ego » uca ubaza ikibazo gikurikira « b » ariko ntabaza « c » na »d » ku wishuye « oya » musabe kwishura « c » hanyuma « d ».

 

 

 

[7] uwishuye »Ego » ntabazwa « c »

 

Uwishuye «Oya » ntabazwa « b »