Journée de réflexion à l'initiative d'Anfasse
Par Mohamed Laabadi
Le matin du Sahara et du Maghreb - Samedi 17 Mars 2001 - N° 11.013

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Un souffle de création permanent
Pour inaugurer sa journée de réflexion, Anfass organise ce samedi, au centre phosphatier de Ben Guérir une rencontre autour du thème : "Pour une approche participative intégrée au service du développement de la région des Rhamna". Cette journée est organisée sous forme d'ateliers à savoir : le développement économique de la promotion du travail, la promotion de la femme et de l'enfant, l'éducation, la culture et le sport. Ci-dessous un aperçu sur l'association Anfass
C'était par un beau matin d'un samedi 11 novembre 2000, un paysage peu clément adouci par une bâtisse, rappelant de loin une hacienda mexicaine. Seul élément qui jure avec le décor, une station service avec un panneau géant invitant les routiers dans un langage qui détonne dans la région : Achkid ! Une invitation berbère en plein bled "Aâroubi". L'Aloha Hawaïen de nos amis Soussi. Il a fallu certainement beaucoup d'audace pour investir dans un paysage aussi usé. En témoignent le manque d'eau, puisée à quelques lieux, dans l'oued Oum Rabii. Le thé est raté à tous les coups à moins de recouvrir à Sidi Ali. Pire encore, aucune connexion au réseau électrique et pourtant, le courant passe, du moins si l'on en juge par les quelques ampoules encore en veilleuse et le bruit des appareils électroménagers. Il faut le faire !
Au petit matin, trois voitures s'arrêtent pour libérer une dizaine de bonhommes qui prennent d'assaut le café. Ils sont immédiatement orientés vers le sous-sol qu'ils atteignent par un simple tour d'escaliers, avant d'échouer dans une grande salle à la toiture basse et aux murs auréolés par l'humidité, qu'une équipe déjà à la besogne essayait d'occulter aux moyens de grands morceaux de tissu aux couleurs rouge et vert. Des caisses vides de limonade, arrangées au fond de la salle auguraient de la belle estrade qui allait recevoir plus tard la table d'honneur devant accueillir cette horde de récidivistes à quelques doigts de réaliser le rêve nourri depuis une éternité, de créer eux aussi une structure associative, à l'instar des autres régions du pays.
Un peu plus tard, alors que le soleil s'attaquait aux dernières petites poches de résistance de l'obscurité, des gens commencèrent à arriver par petits groupes. L'heure des retrouvailles pour beaucoup d'entre eux. Les deux ou trois mémoires, ayant côtoyé les vieux et les moins vieux et qui procédaient aux présentations, essuyaient de temps à autre une petite déception, tant elles se sentaient écartées par des expressions genre "tiens ! Mais ça fait un bail !", ou encore "mais tu n'a pas changé !?", que seul le plaisir d'avoir écourté le processus de remonter le temps pour situer les uns les autres, pouvait faire oublier.
Le moment qui s'en suivit devait vite se terminer par une chute de tonus induit par un vide redouté par la nature, tant l'enthousiasme des retrouvailles était débordant.
Ensuite devait arriver le moment tant attendu, celui du lancement des travaux de l'assemblée constitutive. Aussi, après la présentation des travaux et des chevilles ouvrières de ce rassemblement, le travail devait-il commencer, étape décisive de l'accouchement non sans danger et pour la génisse et pour le nouveau-né. Quelle ne fut la joie de tous au cri de ce dernier, dont l'arrivée allait engager l'étape de la délivrance. L'association compte aujourd'hui pas moins d'une cinquantaine de médecins, sans compter les ingénieurs matheux, les ingénieux moins matheux, les fellahs et les éleveurs. Une mosaïque comme on ne peut pas espérer. Anfasse était née et, là non plus comme pour Achkid, rien n'était laissé au hasard. Un sigle facile à prononcer, à mémoriser et significatif de quelque chose. Au fait, berbère, Aâroubi ou Hawaïen, peut importe, il suffit d'être Anfasse pour dépasser ce tribalisme sclérosant. Entre nous, qui des deux est plus rahmani ? Celui qui est né à Tagzim ou celui qui y habite depuis qu'on a installé le fameux relais à son sommet ? Anfasse, un nouveau souffle ? Pardon, dites plutôt de nouveaux souffles parce qu'il en faut justement plusieurs. Un analphabétisme chronique, un taux de scolarisation pas très fameux, bref des problèmes à ne pas en finir. Et il en faudra bien un Nafasse pour chaque problème.
Anfasse compte déjà deux petits joyaux : le premier à Casablanca, le deuxième à Rabat et le troisième est sur la bonne voie. Ceci ne va pas sans créer de mécontents, mais que voulez-vous, c'est comme ça. On ne peut pas satisfaire tout le monde. Et que ceux ou celles qui se sentent frustrés rejoignent les commissions. Il y a suffisamment de pain sur la planche pour tout le monde.

Vous pouvez consulter le dossier du thème de cette journée "Pour Une Approche Participative Intégrée,
au service du Développement de la Région des Rhamna "

- au format Word
- en téléchargement (word/zip)

 

 

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